Magazine jardin 2016 - Découvrez-le ici ou demandez votre exemplaire dans votre magasin Brico !
Sluiten

Châssis en bois : comment les remettre à neuf ?

Sous les premiers rayons printaniers, les peintures écaillées des châssis en bois font bien triste mine. Envie de leur redonner une seconde jeunesse ?

Dans ce cas, si vous êtes un chouia bricoleur, nul besoin de faire appel à un professionnel, vous pouvez très bien mettre vous-même la main à la pâte !

En effet, à condition de suivre attentivement les différentes étapes, vos châssis retrouveront rapidement l’éclat des premiers jours. Après un décapage en bonne et due forme, une bonne couche de peinture ou de lasure restaureront instantanément vos boiseries altérées par les hivers rudes et les rayons brûlants des étés caniculaires.

Le décapage

 

Avant d’appliquer une couche toute fraîche sur vos châssis en bois écaillé, il faudra impérativement passer par le décapage afin de décrasser les résidus de peinture ou de vernis. Dans le cas des lasures, vous pourrez certainement vous passer de décapage. En effet, la lasure n’est pas " filmogène " (entendez par là recouverte d’une pellicule très mince) mais " farine " (c’est-à-dire fragmentée de copeaux de bois et de sciures), et la surface se dégrade donc avec le temps. Il suffit bien souvent simplement de la poncer légèrement au papier de verre pour éliminer les quelques imperfections.

 

Décapage chimique

 

Pour effectuer un décapage chimique dans les règles de l’art, il sera nécessaire d’appliquer un produit décapant adapté qui va faire " fondre " la peinture. Pour cette opération, vous aurez le choix entre un décapant à action rapide (entre 5 et 20 minutes de pause en fonction des conditions atmosphériques) et un décapant à action lente (vous l’appliquez le soir et vous pouvez repeindre vos châssis le lendemain matin). Les deux formules fournissent un résultat final similaire.

Dans le cas du décapant à action rapide, il faudra obligatoirement surveiller l’évolution du travail, ce qui n’est pas le cas avec le décapant à action lente. Si vous utilisez des produits décapants à composition chimique, vous ferez alors attention à protéger vos yeux, muqueuses, et autres plaies éventuelles.

 

Décapage thermique

 

Le décapage thermique consiste à ramollir la peinture à l’aide d’une source de chaleur et de la gratter par la suite. Le décapage thermique est la méthode la plus simple pour enlever de vieilles peintures, mais ce n’est pas la moins dangereuse. Pour éviter tout risque de brûlure, il est utile de porter des gants et de manipuler l’outil avec beaucoup de précautions. Cette méthode convient particulièrement bien aux surfaces planes.

Pour commencer, promenez le décapeur thermique en mouvements rectilignes, une dizaine de centimètres au-dessus de la peinture. Dès que la peinture brunit et se boursoufle, déplacez le décapeur et réchauffez la peinture sur une petite surface. Grattez ensuite la peinture avec une spatule souple sans lui laisser le temps de refroidir. Après cette opération, lavez la surface traitée avec, par exemple, de la lessive Saint-Marc. Vous pouvez ensuite éventuellement poncer la surface avec du papier abrasif fin sec ou une ponceuse vibrante. Eliminez enfin la poussière avec un chiffon sec ou une brosse très souple et passez une éponge très légèrement humide. Laissez sécher le tout.

Exemples de prix :
Chez Brico, un décapeur thermique coûte de 37 à 86 €. Très peu de magasins acceptent de louer ce type d’outil. Cette méthode est donc plus onéreuse, à moins qu’un ami vous prête son brûleur !

 

Caractéristiques générales

 

En plus des solvants, la peinture contient d’autres composants, dont principalement des liants (en particulier des résines qui donnent leur nom à la préparation). Pour les peintures acryliques, la résine détermine la facilité de pose et la rapidité de séchage.
La peinture comprend aussi des pigments, qu’ils soient minéraux ou organiques, qui vont déterminer l’opacité, le pouvoir couvrant de la peinture et, bien entendu, sa teinte.

Les charges, quant à elles, se déclinent sous forme de poudre et donnent à la peinture son aspect décoratif brillant, mat ou satiné.
Enfin, des additifs comme les siccatifs qui accélèrent le séchage, ou encore des substances antimousses, bactéricides (fongicides, insecticides) ou anti-UV peuvent être ajoutés en petites quantités.

En raison de la présence de solvants et des émanations qu’elles entraînent, les peintures glycéro sont plus nocives que les acryliques, ces dernières devenant par ailleurs de plus en plus performantes.

 

Application de la peinture

 

Il faut savoir que l’application de la peinture sera plus longue que dans le cas de la lasure car, pour un résultat optimal, il sera nécessaire de recourir à une méthode de peinture croisée. Cette formule exige davantage de travail pour un bon résultat. Mais l’effet dure en général plus longtemps que dans le cas de la lasure. En effet, plus couvrante, la peinture laisse passer moins de lumière et l’altération du bois est donc retardée par rapport à une lasure qui, par essence transparente, absorbe davantage de rayons solaires.

 

Châssis extérieurs

 

Pour les boiseries extérieures, les peintures ³spécial bois² microporeuses fongicides et anti-UV sont recommandées. Comptez un rafraîchissement tous les 4 à 6 ans car le soleil et la pluie affectent fortement la tenue des boiseries. Les vernis, quant à eux, qu’ils soient brillants, satinés, ou mats, donnent un fini résistant à l’eau, aux éraflures et à la chaleur. Le vernis ne pénètre pas le bois, et peut donc s’écailler dans le temps. L’entretien doit être effectué tous les 4 à 5 ans.
Avant de vous mettre à peindre, commencez par protéger les parties vitrées avec un ruban adhésif qui résiste aux UV (sauf si vous vous sentez capable de peindre à main levée).
Remuez la peinture et laissez sécher les éventuelles éclaboussures sur les vitres. Ne les enlevez qu’après le séchage (avec un rasoir ou une raclette).
Poncez le bois légèrement entre deux couches dans le sens des fibres (jamais en mouvements circulaires).

Notons aussi que les boiseries situées aux côtés sud et ouest sont beaucoup plus exposées aux intempéries, et qu’il faudra donc particulièrement y soigner votre peinture. Enfin, ne travaillez jamais en plein soleil ni par temps brumeux, ou encore si le bois est couvert de rosée.

Côté prix :
Pour une peinture extérieure, il faut environ compter 20 € le litre.

 

Châssis intérieurs

 

Les trois grandes familles de peintures de finition pour les boiseries intérieures sont :

- La peinture acrylique mate, satinée ou brillante : elle sèche en trente minutes, n’a pas d’odeur, et est la plus simple à appliquer. Pour la diluer et nettoyer les outils, l’eau suffit. Il est possible d’appliquer une peinture glycéro sur une peinture acrylique, mais non l’inverse.

- La laque monocouche à l’eau : elle sèche en une heure. Sans odeur, l’eau est son diluant et liquide de nettoyage. Très résistante, elle s’applique avec facilité. C’est la seule peinture de type laque à être disponible en aspect mat. Dans la pratique et en fonction de l’état du support, il arrive que l’application d’une seconde couche, voir d’une troisième, dite de finition, s’avère nécessaire.

- La laque glycérophtalique : très résistante, satinée ou brillante, elle exige une certaine expérience pour l’appliquer. La surface doit être très bien préparée pour qu’elle exprime pleinement son aspect lisse et tendu. Elle nécessite l’emploi de white-spirit pour la dilution et le nettoyage des outils. La peinture glycéro laisse dans l’air une odeur plus ou moins marquée en séchant. Il existe également des peintures glycéro ou "laques" à l’eau, qui apparaissent comme un bon compromis entre les deux familles principales. Leurs résines alkydes sont alors diluées dans une phase aqueuse. Résultat ? Elles sèchent beaucoup plus vite, en quelques heures à peine, et ne dégagent pratiquement pas d’odeur.

Côté prix :
Une peinture intérieure vous coûtera en moyenne 20 € le litre.

Types de support

 

Le bois neuf

Le bois à peindre doit être complètement sec. N’attendez jamais trop longtemps avant de repeindre une boiserie récente car, sans protection, elle s’altèrera rapidement et exigera un ponçage plus poussé.
Poncez à sec le bois non traité un utilisant du papier émeri grain n°100 ou 120. Notons aussi que le bois graisseux doit être nettoyé à fond au préalable, avec du white-spirit, avant d’être peint.

Le bois altéré par les intempéries

Plus le bois est clair, plus rapidement il s’altèrera. Poncez à fond votre bois avec du papier émeri n°60 ou 80 (gros grain) jusqu’à ce que sa couleur naturelle réapparaisse. Utilisez de préférence une ponceuse. Terminez par un ponçage fin (émeri n° 150 à 180) pour lisser le bois.

Le bois fendu

Les fissures vont permettre la pénétration de l’eau et provoquer la détérioration locale de la couche de peinture. En général, ces fissures sont trop fines pour pouvoir être rebouchées, c’est pourquoi il vaut mieux remplacer les parties de bois trop fissurées.

Le bois pourri

La pourriture se propage toujours de l’intérieur vers l’extérieur et est causée par une combinaison d’humidité et de moisissure. Certaines essences de bois (merbau, cèdre, afzélia) offrent une bonne résistance contre la pourriture et peuvent être laissées sans protection. D’autres espèces, quant à elles, nécessitent une protection adéquate. Pour traiter le bois pourri, enlevez les parties attaquées jusqu’au bois sain, et effectuez ensuite les réparations avec de la pâte à bois qui, grâce à son séchage rapide, pourra être poncée assez rapidement après son application. S’il s’agit de grandes parties de bois pourri, mieux vaudra le remplacer.

Le bois déjà peint

Si la peinture est encore en bon état, il suffira de poncer la couche existante (grain n°180) et de la dépoussiérer soigneusement.
Si la peinture est devenue friable, poncez à sec autant que possible pour éliminer la peinture altérée, avec un papier émeri n°120 à 150 et dépoussiérez la surface. Ajoutez ensuite un additif fixateur (tel Modifix-S) à la couche de fond pour assurer une meilleure adhérence à la peinture.
Si la peinture s’écaille : enlevez complètement la couche de peinture avec un brûleur de peinture ou un décapant chimique (voir notre chapitre " décapage ").
Si la peinture s’écaille par endroits : il importe alors de vérifier l’adhérence de la peinture aux endroits où elle n’est pas encore écaillée.
Pour ce faire, effectuez 5 incisions verticales et horizontales dans la couche de peinture en pénétrant jusqu’au support, à l’aide d’un petit couteau tranchant. Collez ensuite une bande adhésive sur les incisions en appuyant bien et enlevez le ruban adhésif. Si l’adhérence est bonne, il n’y aura pas de restes de peinture sur le ruban, si l’adhérence est suffisante, tout au plus quelques carrés de peinture se seront détachés et, dans le cas d’une mauvaise adhérence, plus de la moitié des carrés auront été ôtés.
Dans ce cas, vous enlèverez la totalité de la peinture avec une flamme ou un décapant chimique. Si l’adhérence est suffisante ou bonne, vous n’ôterez alors que les parties qui s’écaillent et vous poncerez à fond le reste de la surface peinte (mais pour éviter toute différence de niveau, il faudra enlever intégralement la couche existante : à vous de décider !).

 

Caractéristiques générales

 

La lasure est un produit de décoration du bois qui a des caractéristiques originales par rapport à une peinture car elle est transparente et laisse donc apparaître les veines du bois.
Elle contient des produits de traitement qui protègent le bois de l’humidité et donc de la moisissure ou de la pourriture. Certaines contiennent aussi un produit de traitement contre les insectes xylophages.
En outre, elle est microporeuse, ce qui évite le cloquage ou l’écaillage.
Concrètement, la lasure se compose de solvants, qui vont assurer une bonne répartition des produits sur le bois et faciliter l’application (ils s’évaporent ensuite rapidement), de résines (pour protéger le bois contre l’eau et fixer les matières actives), de matières actives (pour protéger contre les insectes et les champignons), et de pigments anti-UV (pour teinter et freiner le farinage de la lasure).
La lasure est en réalité constituée des mêmes éléments que les peintures à l’exception de la charge, d’où leur transparence. Mais elle peut également être pigmentée ou satinée pour donner un aspect subtilement coloré au bois.
Elle sert à unifier l’aspect, cacher les taches de laitance, masquer les défauts d’application¿ Elle protège également la surface du bois contre l’eau et le soleil.

 

Application d’une lasure

 

La lasure est très fluide, ce qui facilite son application sur les grandes surfaces. Mais elle doit aussi être appliquée plus souvent que la peinture.
Selon que l’on souhaite rénover ou appliquer une lasure sur un bois neuf, la préparation devra être adaptée à la situation. Le support devra être propre, sec et débarrassé de toute trace de corps gras, encaustique, ou vernis. Il devra être poncé ou décapé selon l’état du revêtement afin de favoriser l’accrochage de la lasure.
Sur les bois durs comme le chêne ou le châtaignier, il sera préférable de diluer la première couche avec 10% de solvant de type white-spirit ou d’eau afin de faciliter l’imprégnation de la lasure et son accrochage.
La lasure s’applique généralement de façon verticale et, sur les châssis, en 3 couches car ses côtés étant exposés plus longtemps au soleil, la lasure farine plus rapidement.

Une bonne température

 

Une fois sèche, la lasure ne craint pas les écarts de température. Par contre, pour l’appliquer dans les meilleures conditions possibles, il faudra attendre que la température soit comprise entre 12 et 25°. En effet, lorsqu’il fait très froid, les lasures sèchent mal et, par grandes chaleurs, elles ont tendance à coller au pinceau. Il est bien sûr déconseillé de travailler sur des bois humides.

Différence de tons

 

La résistance de ce produit dépend aussi de la couleur choisie. La lasure peut en effet présenter différents coloris sous sa semi transparence. Les teintes claires sont les plus fragiles. Dans ce cas, un rafraîchissement tous les deux ans s’avère utile, tandis que les tonalités foncées survivent jusqu’à 7 ou 8 ans sans retouches.
Les lasures sont compatibles avec la plupart des essences de bois à l’exception du teck, un bois gras non conciliable avec les produits classiques pour lequel il faudra utiliser des produits spécifiques comme l’huile.

 

Trois types de lasures

 

La lasure classique : il s’agit du type le plus courant de lasure utilisée. Elle laisse le bois apparent. Son film est microporeux et satiné.
Les lasures à extrait sec puissant enrobent particulièrement bien la fibre du bois et espacent l’entretien. Plus l’extrait sec est élevé, plus longue sera la résistance dans le temps. Elle s’utilise sur tous les types de bois.
Selon le dosage de résines et de matières actives dont elle est composée, elle sera adaptée à tel ou tel type de rénovation ou de protection à effectuer. Par exemple, une lasure riche en résine sera dite "haute protection" et conviendra parfaitement à la protection du bois en extérieur.

 

L’utilisation des sous-couches

 

Sur les bois durs comme le chêne ou le châtaignier, il est préférable d’appliquer une sous-couche spécifique avant l’application de la lasure car elle va garantir l’adhérence, renforcer la tenue des produits de finition et imprégner les pores du bois.
Sur les bois contenant des anti-oxydants comme l’Iroko et d’autres bois exotiques, il est également préférable d’utiliser une sous-couche adaptée afin de neutraliser les anti-oxydants et de faciliter l’accroche des produits de finition.

 

La lasure colorée

 

Il s’agit d’une lasure classique qui a été pigmentée. Comme pour tous les produits de finition, il faut prendre en compte la couleur d’origine qui influencera toujours la couleur de finition. Ainsi, une lasure verte ne donnera pas la même teinte sur du chêne ou du pin ! Il est aussi possible d’appliquer en première couche une lasure incolore pour terminer par une lasure teintée.

 

Types de support

 

Le bois neuf

Il faudra l’égrener et le dépoussiérer pour l’empêcher d’avoir une teinte grisâtre. Afin de prolonger la durée de vie de la finition, il sera préférable d’appliquer au préalable un traitement spécial pour les bois extérieurs.

Le bois peint ou vernis

Si cela s’avère nécessaire, le vernis devra être décapé ou poncé au préalable. Il faudra ensuite traiter le bois comme un bois neuf.

Le bois lasuré ou défraîchi

Dans ce cas, un simple égrenage soigné suivi d’un dépoussiérage seront normalement suffisants. Le décapage s’imposera si l’ancienne lasure se décolle (à cause de l’humidité par exemple).

 

Exemple de prix :
Lasure en phase aqueuse : 29,55 € le litre
Lasure Solvant : 18,60 € le litre.

 

Conclusion

 

Avant de rénover vos châssis en bois, n’oubliez pas de dresser un plan méthodique de travail basé sur un état des lieux scrupuleux : définissez d’abord le type de décapage qui convient le mieux à l’état de vos châssis (chimique ou thermique), déterminez le type de peinture ou de lasure souhaité, réunissez le matériel adéquat, et attendez une météo clémente pour vous y mettre. En effet, il est déconseillé de repeindre en présence de températures trop basses ou trop élevées. Le printemps est donc tout indiqué !
Quoi qu’il en soit, les maîtres mots d’un châssis bien peint restent la patience, la volonté, et la persévérance. Bon courage !

Virginie Stassen

Un grand merci à M. Ch. Beeckmans et M. M. Bentin pour leurs conseils.