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Pittoresques topiaires

« Notre vie à Marialoop a commencé il y a quelque vingt-huit ans, quand nous sommes venus y habiter. Nous étions complètement sous le charme de cette vieille petite ferme au milieu des champs. Nous voulions alors que notre maison soit le plus possible visible depuis la rue, tellement nous en étions fiers. Vous savez : une grande pelouse devant l'habitation, avec un ancien puits et des bacs de géraniums sur les appuis de fenêtre… » C'est ainsi que Marie-Jeanne entame son histoire, que Carlos illustre à l'aide de vieux albums photos. Une délicieuse tasse de café fait remonter les souvenirs à la surface…

Arbre, papa, feuille

« Nous avons planté un arbre à la naissance de chacun de nos enfants. C'est ainsi que, en remontant l'impressionnante allée d'entrée bordée de tilleuls taillés, vous pouvez voir un imposant châtaignier et un hêtre. Notre petite-fille sait déjà dire « arbre, papa, feuille », c'est-à-dire les feuilles de l'arbre de papa, le châtaignier. Les deux arbres sont très typés, et pourtant bien choisis pour nos enfants, car notre fils est en effet un fameux gaillard et notre fille est très grande et d'une constitution athlétique. »

Dénicheurs de plantes

« En 1987, nous nous sommes peu à peu mis à planter les premières petites haies de Buxus. Nous avions rendu visite à des amis qui n'avaient qu'un petit jardin de ville, mais très joliment aménagé, de manière réfléchie. Nous avons eu envie de les imiter. Carlos a ensuite commencé à tracer les sentiers, qu'il a aménagés lui-même, sans aide, pendant les vacances. Une chose en entraînant une autre, les petites haies de Buxus sont devenues des surfaces, les buis taillés en boule des sculptures. Nous avons déniché ici et là des plantes auxquelles nous avons donné une toute nouvelle forme, le plus souvent née de celle de l'arbuste lui-même. Il faut suivre les plantes: si elles poussent de travers, il faut aussi les tailler de travers. C'est ainsi qu'est né « notre petit couple », notamment.

« A certains endroits, il n'y avait pas moyen de rendre ce Buxus plus touffu : c'est ainsi qu'est née la forme actuelle, qui interpelle tous les visiteurs", me confie fièrement Carlos. « Nous taillons nous-mêmes tout le jardin. Pour les haies de hêtre, nous utilisons un échafaudage roulant, et ce sont d'ailleurs les seules haies que l'on taille électriquement. Tous les buis taillés le sont avec des cisailles: nous leur conservons leur forme manuellement. Travailler au jardin nous procure une vraie détente ! »

La caravane

Il n'y a pas seulement une superbe allée d'entrée, au milieu du jardin devant la maison, mais aussi une allée de sortie à travers la partie latérale du jardin. Du moins pour les voitures. Son origine s'explique comme suit.
« Quand les enfants étaient petits, nous avions déniché une caravane, mais, en revenant à la maison, nous nous sommes aperçus qu'elle était trop haute pour l'allée d'entrée. Comme vous pouvez le supposer, il n'y avait qu'une solution pour faire entrer la caravane sur le terrain… et c'est ainsi que nous avons créé une deuxième voie d'accès, qui sert maintenant aussi de voie de sortie. »

Les bois des moutiers

« Le jardin est plein d'idées amusantes, provenant d'un peu partout aux alentours, mais l'inspiration nous vient aussi parfois d'un peu plus loin, comme pour notre banc de jardin maçonné. Lors d'une visite à un grand jardin français appelé « Les bois des moutiers » (situé à Varengeville-sur-Mer, non loin de Dieppe), l'idée nous est venue de construire un banc de jardin avec les blocs de pierre de taille bleue que nous possédions. Nous avons pris des tas de photos de l'original et nous sommes même rentrés chez nous plus tôt que prévu pour pouvoir nous y mettre tout de suite.

« Les dalles du dessous étaient à l'origine des tuiles françaises, que nous avons remplacées plus tard par des briques sciées provenant de la boulangerie de mon père », raconte Marie-Jeanne avec une certaine fierté. « Le siège est constitué de poutres en bois de réemploi, provenant de notre ferme. Nous sommes très satisfaits du résultat, même s'il faut préciser que le banc a été terminé avant que nos photos de vacances soient développées ! »

Comme dans un béguinage

Pour atteindre la partie arrière du jardin, nous traversons la chaleureuse habitation, aménagée avec goût. Il s'avère que les propriétaires n'ont pas manqué d'inspiration, car les anecdotes se succèdent. Dans le jardin arrière aussi, on trouve des formes et des combinaisons de coloris exceptionnelles. La première chose qui frappe, c'est la répartition. On y trouve quatre grands carrés d'herbes aromatiques, agencés comme quatre petits jardins de simples séparés, où l'on peut se promener. Les carrés ne sont pas entièrement bordés de Buxus, mais il reste une ouverture permettant d'accéder facilement aux plantes.

« Il s'agit principalement de carrés d'herbes aromatiques avec les condiments traditionnels comme la sauge, le romarin, le persil, la ciboulette, l'aneth,«  mais il y a aussi, à certains endroits, des fleurs ou des plantes particulières dont nous trouvons que, du fait de leur couleur ou de la structure de leur feuillage, elles sont mieux mises en valeur au milieu des herbes aromatiques », explique Carlos. Marie-Jeanne commence déjà à cuisiner, hmmm.

Une authentique serre

A l'arrière du jardin trône une grande serre horticole vitrée. « Je l'ai démontée de mes propres mains chez un pépiniériste de Lochristi qui prenait sa pension et je l'ai entièrement reconstruite ici. Cette serre permet de faire passer l'hiver tranquillement aux plantes qui en ont besoin. La vigne y a aussi trouvé place et ses fruits sont la preuve qu'elle s'y sent bien. Nous sommes heureux que certains éléments aient un passé: à nos yeux, ils n'en ont que plus de valeur », avoue Carlos avec un sourire modeste, appuyé contre l'établi de la serre. « Cet établi est l'ancien pétrin de mon beau-père, qui était boulanger. »

Une abondance de fruits

En sortant de la serre, on peut entendre et voir les quelques poules qui occupent leur propre terrain, partiellement dissimulé. Derrière la serre, une partie du terrain a volontairement été gardée très naturelle. « Cela nous procure une ambiance totalement différente. Il y paît un mouton, qui nous aide à garder la pelouse rase et à fertiliser notre verger. Je prépare chaque année soixante pots de compote de prunes, vingt pots de compote de cerises, de la gelée de coings,… », se réjouit Marie-Jeanne. Et c'est Carlos qui complète la série : … « et une succulente tarte aux noix ! Bref, nous récoltons chaque année une abondance de fruits sains. »

Un sage hibou

« Vous avez probablement compris que nous aimons en effet l'art et les beaux objets, et cela se remarque aussi dans notre jardin. C'est ainsi que nous avons un sage hibou qui veille sur notre habitation. En réalité, cette sculpture en pierre, grandeur nature, est l'oeuvre d'un artiste de nos amis, Adelain De Craene, dont nous avons aussi au jardin une poule en pierre.

Et sur le gazon, à l'avant, se dresse un ange blanc d'au moins 150 kg . Cette statue provient de York, en Angleterre, mais le camion a été attaqué pendant le transport vers la Belgique et les voleurs ont emporté la tête de l'ange. Cet ange a d'abord été difficile à intégrer au jardin et nous avons dû le déplacer plusieurs fois (à grand renfort de muscles) avant qu'il trouve son emplacement définitif. »

Un art chaleureux

Marie-Jeanne est passionnée de peinture et si, à certaines périodes, elle peint surtout des aquarelles, à d'autres moments, elle s'adonne à l'acrylique. L'inspiration lui vient de toute façon toujours de son jardin. Elle m'entraîne jusqu'à son accueillant atelier, d'où elle a une jolie vue sur la partie arrière du jardin. « La couleur me passionne, mais cela ne doit évidemment pas devenir une obsession », déclare Marie-Jeanne tout en me montrant ses chaleureux tableaux. Du fait de son amour pour la couleur, les plantes qu'elle trouve les plus jolies sont aussi celles qui fleurissent longtemps et avec modération. Carlos et elle n'apprécient pas une explosion qui fait des « taches » au jardin, selon leur propre expression. En tout cas, la peinture est la méthode idéale pour pérenniser cette superbe oasis riche en couleurs. Pour tout le monde et partout, pour des siècles et à jamais.

Bon à savoir

Petit conseil pour tous les passionnés de Buxus : quand vous voulez transplanter un grand arbuste, il est recommandé d'enfoncer une bêche tout autour quelques années auparavant. Les racines peuvent ainsi s'adapter et elles seront moins endommagées lors de la transplantation.

Coordonnées

Carlos et Marie-Jeanne Strobbe-Van Hove
carlos_strobbe@hotmail.com
Tél. : 051/48.95.15
Visites uniquement sur rendez-vous, par petits groupes.

Marie-Jeanne Van Hove exposera bientôt ses peintures de jardins et de fleurs chez Ineke Greve. Pour plus de détails et pour connaître les dates, surfez sur www.inekegreve.nl

Texte et photographies: Véronique Dewalsche