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Le miracle de l'eau

Tous les êtres vivants respirent et, sans air, ils meurent rapidement. Si, sans air, aucune vie n'est possible, il en va de même avec l'eau: sans eau, la vie est également impossible. Le corps humain, par exemple, est composé d'eau à 65 à 70%. Cette quantité est réellement indispensable pour nous aider à digérer la nourriture, pour transporter les éléments nutritifs jusqu'à nos cellules par le biais du sang, pour éliminer les nombreux déchets et pour maintenir notre température corporelle. Les plantes contiennent même jusqu'à 97% d'eau et, pour elles aussi, l'eau est d'importance vitale. Or, pour leur alimentation, les humains font appel au règne végétal, que ce soit directement ou en mangeant des animaux herbivores.

Les plantes absorbent l'eau du sous-sol et la transportent par leurs vaisseaux vasculaires dans tout leur organisme. A l'extrémité de cette chaîne se trouvent les stomates des feuilles: des ouvertures par lesquelles une certaine quantité d'eau s'évapore pour se retrouver de nouveau dans l'air. Grâce à cette évaporation par les feuilles, il se crée une force d'aspiration persistante, qui ne peut pas être interrompue. L'évaporation fait disparaître l'eau des feuilles, qui se retrouvent en déficit aqueux. Si ce déficit n'est pas comblé, la plante se flétrit. Mais il naît dans les cellules et les vaisseaux vasculaires une aspiration qui se prolonge jusqu'aux racines, où l'humidité du sol est de nouveau absorbée.

Si la consommation d'eau d'une plante est énorme, 90% environ de la quantité d'eau absorbée par les racines s'évapore au niveau des feuilles. Des 10% restant, la plus grande partie demeure dans la plante, qui l'utilise pour la croissance et la tension cellulaires, 1% environ servant à l'élaboration de sucres par la photosynthèse. Si l'on pouvait enregistrer avec précision la consommation d'eau sur un cycle complet de vingt-quatre heures, on remarquerait qu'elle est beaucoup plus forte juste après midi que pendant le reste de la journée. La combinaison d'une lumière abondante et d'une température plus élevée crée en effet, à ce moment-là, une hygrométrie relative inférieure autour des feuilles, ce qui fait monter la température des plantes. Celles-ci doivent alors évaporer de l'eau afin de ne pas brûler. Cette évaporation peut être réglée par une ouverture plus ou moins grande des stomates.

C'est par ces orifi ces microscopiques (les stomates)que la feuille restitue à l'air l'humidité absorbée par les racines.

Les plantes sont capables de plus encore !

Dans la nature, les plantes ont encore une autre tâche que simplement aspirer de la terre une eau chargée en substances nutritives. Elles sont en effet les seuls êtres sur Terre capables de fabriquer des substances organiques à partir de simples éléments minéraux. Nous, humains, dépendons pour notre alimentation de substances organiques, qu'elles soient d'origine végétale ou animale, mais nous ne sommes pas capables de les composer à partir de simples minéraux.

Nous voici arrivés dans l'univers merveilleux de la chimie, qui connaît plus de cent éléments différents, dont l'hydrogène, l'oxygène, le carbone et l'azote. Pour chaque élément, les chimistes utilisent un symbole qui est généralement une abréviation du nom latin de l'élément.

L'hydrogène (Hydrogenium) est ainsi symbolisé par la lettre H, l'oxygène ou Oxygenium par le O. L'eau n'est pas un élément en elle-même, mais une molécule composée de deux atomes d'hydrogène (H) et d'un atome d'oxygène (O). Voilà pourquoi la formule moléculaire de l'eau s'écrit H2O (On pourraît tout aussi bien écrire HOH).

Une autre molécule est par exemple celle du sucre. Elle est un peu plus compliquée et comprend des atomes d'oxygène (O), d'hydrogène (H) et de carbone (C). Pour fabriquer des sucres, les plantes doivent donc réunir d'une manière ou d'une autre ces trois composants, ce qui ne réussirait pas en tentant de lier l'eau et le carbone. La plante trouve facilement l'oxygène (O) et le carbone (C), abondamment présents dans l'air, mais l'hydrogène (H) n'est pas immédiatement disponible dans la nature, à moins de pouvoir utiliser l'eau comme fournisseur d'hydrogène. Mais il faut savoir que l'eau est une liaison incroyablement stable, que l'on ne brise pas facilement. Seules les plantes sont capables de décomposer l'eau en hydrogène (H) et hydroxyde (OH). Grâce à cette réaction (connue dans les cercles botaniques comme réaction de Hill), l'organisme végétal dispose de l'hydrogène nécessaire pour entamer la fabrication de sucres, féculents, protéines, etc. Bref, la poursuite de toute vie sur Terre dépend de cette réaction qui se produit dans les plantes.

1. La mousse espagnole ou mousse de Louisiane (Tillandsia usneoides) est une plante appréciée par les fleuristes. Dans la nature, elle vit du peu d'eau qu'elle extrait de l'air.

2. Achmaea 'Maya', Broméliacée d'Amérique du Sud, fait provision d'eau de pluie dans le creux de ses feuilles en forme d'entonnoir, en prévision des jours secs.

La nécessité rend inventif

Obligées de survivre dans des régions plus arides, certaines espèces de plantes sont passées maîtres dans l'art d'économiser l'eau disponible. Des exemples extrêmes sont notamment les bromélies tropicales, qui vivent en épiphytes sur les arbres et ne disposent que d'une très mince couche d'humus, ne pouvant emmagasiner que peu d'eau ou pas du tout. Voilà pourquoi ces plantes capturent la précieuse eau du ciel dans leurs larges réceptacles en forme d'entonnoirs.

Un autre exemple est celui des pastèques gorgées de jus, qui poussent dans les régions à longues périodes de sécheresse. Ces plantes ont transformé leurs fruits en grands réservoirs d'eau, grâce auxquels les semences peuvent survivre jusqu'aux prochaines précipitations.
Un véritable champion de la survie est la mousse espagnole, Tillandsia uneoides, qui vit simplement du peu d'eau que la plante extrait de l'humidité de l'air.

Ce système de Hunter vous permet de régler sans accessoires la direction de la tête gicleuse, de manière à ce que l'eau ne se perde plus.

L'eau dans le sol

Le sol de nos jardins est constitué de grains de sable ou de particules d'argile et de toutes sortes de matières organiques, entre lesquels se trouvent des pores. Comme le diamètre des grains de sable est beaucoup plus important que celui des particules d'argile, les sols sablonneux présentent de plus grands pores, les sols argileux ne contenant que des cavités très ténues.

Les agronomes disent d'un sol qu'il est saturé d'eau si tous les pores du sol sont remplis d'eau. Il n'y a alors plus d'oxygène dans le sol et, si la situation se prolonge trop longtemps, les racines étouffent et les plantes meurent. Si on laisse égoutter un tel sol saturé, l'eau disparaît des plus grands pores et cavités, alors qu'elle "adhère" dans les plus petits pores. C'est ce qu'on appelle l'eau de rétention. Dès qu'il n'y a plus d'eau qui s'écoule du sol, les agronomes disent que le sol est à capacité de rétention. La plupart des sols sont saturés en hiver, mais à capacité de rétention au début du printemps. Les pluies hivernales ont alors cessé, l'excédent d'humidité s'est évacuée et, si tôt dans la saison, les plantes n'ont encore extrait que peu d'eau du sol.

Au fur et à mesure que progresse la saison de croissance, la puissance d'aspiration des plantes augmente et, si les précipitations sont absentes, le sol menace de devenir de plus en plus sec. Dès que les plantes ont atteint leur puissance d'aspiration maximale, il ne reste plus dans le sol qu'un peu d'eau si fortement liée aux particules du sol qu'elle ne peu plus être absorbée par les plantes. Quand ce point est atteint, on parle de point de flétrissement.

La quantité d'eau disponible est donc la quantité d'eau présente à capacité de rétention, moins la quantité d'eau au point de flétrissement. Au cours de la période de croissance, il y a le plus souvent une période de sécheresse plus ou moins longue, pendant laquelle l'eau disponible dans le sol est insuffisante pour donner aux plantes la quantité d'eau dont elles ont besoin. Si cette sécheresse se poursuit, de nombreuses plantes présentent des problèmes de croissance. Cela peut être évité en arrosant à temps.

L'arrosage

Les amateurs de jardins savent par expérience qu'il est parfois vraiment nécessaire d'arroser. On le fait cependant trop souvent d'une manière erronée, car les sols secs absorbent très difficilement l'eau. Vérifiez donc vous-même, après avoir arrosé, jusqu'à quelle profondeur l'eau a réellement pénétré dans le sol. Le plus souvent, seule la couche superficielle du sol est un peu humidifiée, alors que l'eau devrait atteindre les racines. Voilà pourquoi je conseille d'arroser abondamment (jusqu'à ce que l'eau pénètre suffisamment loin) une fois de temps en temps plutôt que de fournir un peu d'eau tous les jours. Après avoir arrosé, prenez l'habitude de vérifier si le sol est suffisamment humide en profondeur.

Pour arroser de petites surfaces, c'est l'arrosoir qui convient le mieux, tandis qu'un tuyau d'arrosage est plus efficace pour de grandes superficies. Adaptez cependant une pomme à l'extrémité du tuyau, pour éviter de diriger un jet d'eau trop puissant directement sur les plantes. Il est préférable d'arroser en laissant retomber l'eau en un grand arc à travers l'air.

Conseils d'arrosage

L'arrosage doit de préférence avoir lieu tôt le matin, car le sol et les plantes ont alors été bien refroidis pendant la nuit et l'eau froide ne provoquera pas de choc thermique chez les plantes. Il est d'ailleurs déconseillé d'arroser en été entre 10 et 16 h. Si vous n'avez pas eu le temps de terminer vos arrosages le matin, attendez le soir pour continuer.

Les systèmes d'arrosage

Il y a des systèmes d'arrosage de tous les prix. Les plus chers à l'achat sont les systèmes avec gicleurs souterrains intégrés, installés à demeure au jardin et dont les couvercles des gicleurs sont au niveau du sol. Dès que l'on ouvre le robinet, les gicleurs sortent de terre et l'arrosage peut commencer.

Les systèmes raccordés à un tuyau de jardin ordinaire en plastique sont plus simples. Il y a tout d'abord les gicleurs pivotants, qui arrosent une surface circulaire, puis les gicleurs oscillants, qui arrosent une surface rectangulaire. C'est un avantage, car, avec les gicleurs pivotants, les surfaces arrosées doivent se superposer en partie.

Il y a enfin encore les tuyaux au goutte-à-goutte. Il s'agit simplement de tuyaux munis de deux rangées d'orifices, par lesquels l'eau s'égoutte directement sur le sol.

L'humidité optimale du sol dépend évidemment du type de plantes et du type de sol. Il n'est donc pas simple de déterminer la quantité d'eau à fournir. Si, en horticulture professionnelle, l'humidité du sol est mesurée par des tensiomètres, dans le jardin, l'expérience du jardinier suffit généralement.

  1. Il existe un système adapté pour tout type d'arrosage.
  2. Toute l'installation est dissimulée en sous-sol, à l'abri.
  3. Des tensiomètres mesurent l'humidité du sol. Cet instrument de mesure indique aussi la pression de l'eau dans les conduites.

Streamers:

Après avoir arrosé, prenez l'habitude de vérifier si le sol est suffisamment humide en profondeur.

Si vous n'avez pas eu le temps de terminer vos arrosages le matin, attendez le soir pour continuer.

La pastèque a transformé ses fruits en grands réservoirs d'eau, grâce auxquels les semences peuvent survivre jusqu'aux prochaines précipitations.

Texte : Bruno Haest
Photos : Guy Laurent, Hunter©