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Une touche d'exotisme

La maison de Magda et Eric était restée trente ans inhabitée quand ils l'ont achetée. Il y avait déjà un peu de verdure, mais elle poussait aux mauvais endroits. Elle s'était même frayé un chemin à travers les fenêtres, ce qui n'était vraiment pas acceptable.

Je roule dans un cul-de-sac, en grande partie bordé d'imposantes maisons de maître. Je sonne à la plus belle façade et suis chaleureusement accueillie par Magda.

« Cette petite rue était jadis principalement habitée par des artistes; à l'époque, elle était encore fermée par une petite barrière », entame Magda. « La plus grande partie des maisons ont été dessinées par l'architecte belge Vanden Driessche, surtout connu pour son projet de l'ancien bâtiment des postes de Gand, au centre de la ville. Il a intégré beaucoup de restes de cet immense bâtiment dans cette rue.

Mais vint alors une période où la plupart des artistes émigrèrent vers la pittoresque commune de Sint-Martens-Latem. Vides d'occupants, les belles maisons commencèrent à se dégrader. »

Le hasard veut que, trente ans plus tard, le démolisseur a estimé ces maisons trop précieuses pour les abattre. C'est ainsi que la petite rue fut sauvée et qu'elle a aujourd'hui évolué en un quartier très apprécié et de standing.

Je monte quelques marches à la suite de Magda; de là, on a une vue sublime sur le jardin de ville unique.

Un rayonnement oriental

Un élément très remarquable du jardin est la pergola circulaire en bois, qui fait en douceur la transition entre la grande terrasse située plus haut et la partie verte du jardin, en contrebas, avec un élégant étang. Le jardin a un rayonnement oriental.

« Nous avons confié la conception de notre jardin à Raf Dereuck, un architecte de jardins spécialisé dans les plantations japonaises et les ornements orientaux. Il est aussi un grand connaisseur de bambous », explique Magda.

« Nous l'avons rencontré lors d'un salon horticole et son style nous a enthousiasmés. Son premier projet de jardin nous a tout de suite plu, alors même que nous avions posés de très nombreuses exigences. Nous voulions une pièce d'eau de forme irrégulière, peu d'entretien et, surtout, un jardin qui reste beau aussi en hiver et ne meure pas complètement (pas facile, car notre jardin n'est pas très grand). »

Les bacs à fleurs près de la pergola sont regarnis chaque année de différentes annuelles. Pour le moment, ils abritent des géraniums, mais, les autres années, il peut s'agir de pétunias ou d'autres espèces, le plus souvent à fleurs de coloris tendres. Le bois de la pergola a été imprégné par nécessité parce qu'il est entièrement recouvert de verdure, même si, à l'origine, le but était de le laisser se patiner.

Grenouilles et chats

Près de la pergola trône un ornement en pierre représentant une grenouille et acheté récemment. Magda et Eric trouvaient sa forme très belle et le petit animal est en outre fonctionnel : si on le raccorde à l'étang, un jet d'eau sortira de sa bouche.

« A un moment donné, nous avons eu deux grenouilles vivantes dans le jardin, mais elles ont probablement été dévorées par les chats », raconte Magda. « Nous ne le saurons jamais, mais nous avons de fortes présomptions. »

Pour les chats, le couple a fait réaliser une autre adaptation. A l'origine, les coins de repos et les sentiers du jardin étaient aménagés en petits cailloux, mais ceux-ci ont été remplacés par de robustes pavés, pour que les chats comprennent clairement que le jardin de Magda et Eric n'est pas un bac de gravier. « Ils ont probablement trouvé d'autres lieux », suppose Magda, « car, depuis, notre jardin est devenu beaucoup plus propre. »

Sous le palmier

Le plus grand point de mire du jardin de Magda et Eric est sans conteste l'immense palmier, un Trachycarpus fortunei, une espèce qui peut très bien passer l'hiver en Belgique sans la moindre protection. Il a peu d'exigences, mais il faut l'arroser régulièrement. Magda se souvient que, au moment de l'achat, l'arbre ne mesurait qu'un mètre de hauteur. « Il provient d'un pays tropical et a d'abord séjourné deux ans dans une plaine de Hollande. Du moment que ce palmier survit là-bas au froid et au vent, le fournisseur peut garantir, au moment de le vendre, qu'il ne mourra plus de froid. »

En ôtant systématiquement, année après année, les feuilles inférieures mortes, on accélère sa croissance en hauteur. Il a maintenant déjà atteint une hauteur de quelque six mètres, de sorte qu'il égaie la salle de séjour du premier étage avec son éventail de feuilles exotique.

Un écran de bambou

Souhaitant le plus possible d'intimité, Magda et Eric ont pu conclure un accord avec leurs voisins de derrière. Il s'agit d'une entreprise, de laquelle ils ont obtenu l'autorisation de planter des bambous sur le parking. Cela égaie le parking et offre à Magda et Eric une jolie vue. « Cette espèce s'appelle Phyllostachys aurea; elle est rustique et demande peu d'entretien. Cela évite beaucoup de travail de taille, d'entretien et de déchets - ce qui était bien sûr très important pour nous, étant donnée la superficie du jardin », plaisante Magda.

Selon l'architecte de jardins Raf Dereuck, qui connaît bien les plantes exotiques, les bambous meurent une fois qu'ils ont fleuri. Le phénomène est tel qu'il se produit pour la même espèce dans de très grandes régions. C'est pour le moment le cas d'une espèce de Sinarundinaria. Les propriétaires de cette espèce sont donc avertis !

L'équilibre

Après bien des années, les hauts bambous arbustifs se sont développés en un nichoir sûr pour les nombreux moineaux du voisinage. Le soir, surtout, c'est très plaisant d'entendre bruisser les arbustes. La nuit, les oiseaux viennent y dormir en masse et, surtout, en sécurité: les pigeons comme les chats ne peuvent pas marcher sur les branches de bambou, qui ne supportent pas leur poids. C'est amusant de voir comment la nature trouve elle-même son équilibre.

Un décollage difficile

Un étang a été aménagé au centre du jardin.

« De l'eau au jardin, c'est formidable ! », s'exclame une Magda ravie. « Mais je dois reconnaître que c'est Eric qui se charge de nourrir les poissons chaque jour. Vous pouvez aussi préciser que c'est Eric qui a la main la plus verte. Il n'a pas pu être présent aujourd'hui, mais il faut lui rendre cette justice ! »

« Au début, nous avions régulièrement la visite d'un héron qui venait « admirer » nos poissons, mais cela fait tout un temps qu'il ne vient plus. L'envergure de ses ailes était trop grande pour les dimensions de notre jardin: il devait prendre très vite de l'altitude, ce qui n'est apparemment pas facile. Maintenant, nos poissons vivent en sécurité », se réjouit Magda.

« Au début, nous avions mis dans l'étang des esturgeons, mais ils sautaient souvent hors de l'eau, parce qu'ils étaient trop familiers. Eric arrivait parfois à temps pour les remettre à l'eau, mais pas toujours. C'est pourquoi nous sommes passés à une autre espèce de poisson : la carpe koï bien connue. »

Une pièce unique

Même si les nombreux artistes ont quitté cette petite rue, cela leur ferait plaisir de voir à quel point Magda et Eric ont contribué à la revalorisation de ce quartier. Les anciens habitants avaient sans aucun doute un autre jardin, mais je suis convaincue que tout le monde resterait coi en contemplant cette petite perle de verdure. Une pièce unique dont il faut profiter pleinement !

Bon à savoir

Les poissons et les carpes de ce jardin sont nourris tous les jours, mais ils peuvent facilement rester une semaine sans manger. En hiver, ils hibernent même au fond de l'étang et ce sommeil peut durer plusieurs mois. Les poissons grandissent plus ou moins en fonction de la taille de l'étang et ils se développent avec la population de l'étang. C'est donc généralement dans les grands étangs peu peuplés que l'on trouve les plus grands exemplaires. Les petits étangs surpeuplés sont souvent le biotope de poissons plus petits.

Renseignements utiles :

Vous pouvez trouver chez Raf Dereuck une inspiration orientale.
C'est lui qui a imaginé la totalité du concept de ce jardin.

Raf Dereuck
Menenstraat 288
8980 Geluveld
Tél.: 057/21.29.72
www.rafdereuck.be

Texte et photographie: Véronique De Walsche
Copyright Jardinsetloisirs.be