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L'eau, l'argile et le feu

Histoire et naissance

Les briques en terre cuite ont été inventées il y a de nombreux siècles au Moyen-Orient. Elles se sont surtout répandues sous l'influence des Romains, qui s'en sont servis pour compléter le pavage de leurs routes, grandes voies de communication.

Dans notre pays, en 2006, on extrait encore de l'argile du bassin de l'Escaut (Audenarde) pour en faire des briques céramiques de haute qualité (la qualité de l'argile est pour cela essentielle). Les stocks d'argile sont entreposés, puis dosés dans de grands bacs, après quoi l'argile est mélangée et lissée. On n'ajoute pas de pigments à l'argile, de sorte que la couleur des briques céramiques dépend du type d'argile utilisé et conserve toujours la même intensité. Après ce processus de mélange, l'argile est enfoncée sous pression dans les moules d'une presse à briques. Comme les moules ont été préalablement sablés, les briques en argile pressée peuvent être déposées sans problème sur des plaques de séchage perforées. Les moules non sablés produisent un autre effet sur les briques céramiques.

Les briques ainsi formées doivent ensuite sécher dans des chambres de séchage commandées par ordinateur, un ventilateur assurant la circulation de l'air. Il est aussi possible d'obtenir des briques céramiques par un procédé mécanique. Dans ce cas, l'argile est injectée sous haute pression par une ouverture déterminée et les briques sont coupées sur mesure à l'aide d'un fil métallique. L'atout des briques mécaniques est leur grande uniformité de format. Les briques séchées sont empilées sur un chariot spécial, qui peut pénétrer tel quel dans le four. Les briques sont cuites dans un four différent en fonction du résultat visé : dans un ancien four de campagne, par exemple, les briques sont empilées à la main.

Aujourd'hui, la plupart des briques sont toutefois cuites dans un four-tunnel de plus de cent mètres de longueur, entièrement commandé par ordinateur. Afin de donner aux briques un aspect plus authentique, certains modèles sont encore empilés à la main, le reste se faisant à la machine. Dans le cas d'un four à réverbère, les briques restent sur place et c'est le feu qui se déplace de chambre en chambre; cela donne un aspect plus naturel aux briques céramiques, qui sont alors plus irrégulières, plus bombées et plus striées. Un four annulaire fonctionne selon le même principe que le four à réverbère, à la différence qu'il n'y a pas de chambres, mais bien un couloir continu de forme ovale, et que l'on chauffe au charbon. En fonction du résultat final souhaité, les briques céramiques peuvent aussi être polies au tonneau, afin de leur donner un caractère plus authentique. Les briques sont enfin rassemblées et emballées : les voilà prêtes à être mises en place.

La différence entre les briques de parement et les briques céramiques

Pour les briques de parement, les caractéristiques essentielles sont la résistance à la pression, l'absorption d'eau et la résistance au gel. En plus de toutes ces caractéristiques, les briques céramiques doivent aussi résister à l'usure et au clivage.

N'utilisez donc jamais de briques de parement pour paver une rampe d'accès: elles ne tarderaient pas à se casser et à s'effriter. Certaines briques de pavement inusables peuvent tout de même convenir pour une petite terrasse et un sentier de jardin ou d'ornement, mais elles se saliront et se couvriront de mousse beaucoup plus rapidement, car les briques de parement absorbent généralement plus d'eau que les briques céramiques.

Si, après avoir construit ou transformé votre habitation, il vous reste des briques que vous souhaitez utiliser au jardin, soumettez-les d'abord à quelques tests approfondis.

Avantages et inconvénients des briques céramiques

Les briques céramiques sont durables, elles conservent leur coloris d'origine et deviennent de plus en plus belles au fil du temps. Les pavés en béton, au contraire, se décolorent au bout de quelques années.

Les briques cuites rayonnent une certaine atmosphère et s'harmonisent bien à l'habitation.
Les petites surfaces, comme un sentier de jardin ou un motif sur la terrasse, sont également bien mises en valeur.

Les briques céramiques peuvent être réutilisées sans problème et ces briques de réemploi sont également disponibles dans le commerce.
Si les briques céramiques sont relativement chères par rapport aux pavés en béton, cela s'explique par le procédé de cuisson intensive et l'inévitable consommation d'énergie qui y est liée.

Les briques céramiques sont un produit naturel et, par conséquent, leur format n'est pas fixe à 100%. Cela les rend plus difficiles à placer que les pavés en béton. L'architecte ou l'entrepreneur de jardins pourra vous conseiller utilement.
Les briques céramiques restent antidérapantes, même lorsqu'il pleut.
Afin de diminuer les coûts, les briques peuvent également être placées à plat.

Les formats

Différents formats sont disponibles; ces formats varient en fonction de la marque.
Le format le plus proche de celui d'une brique est le format Waal.

Format Waal :

longueur : entre 200 et 220 mm
largeur : 50 mm
hauteur : entre 100 et 110 mm

Format Dik :

longueur : entre 200 et 215 mm
largeur : entre 65 et 70 mm
hauteur : entre 100 et 110 mm

Format Rijn :

longueur : entre 170 et 185 mm
largeur : entre 40 et 50 mm
hauteur : entre 80 et 100 mm

Remarque : les formats ci-dessus sont donnés à titre indicatif. Certaines marques disposent aussi, dans leur gamme, de briques céramiques carrées.

La pose des briques céramiques

Afin d'éviter des problèmes ultérieurs d'affaissement, il est essentiel d'apporter toute l'attention nécessaire aux fondations, une couche qui ne peut être placée que sur un support ferme. Si la terre a été apportée récemment ou est meuble, il faut la creuser jusqu'au sol ferme sous-jacent.
Pour les rampes d'accès, il est conseillé de répandre d'abord une fine couche de cailloux comme sous-fondation. Cette couche doit être bien fixée par vibrations.

Placez par-dessus ces cailloux une couche de fondation en sable-ciment stabilisé : 15 cm pour les rampes d'accès et 10 cm pour les terrasses et sentiers. Proportions ciment/sable : 150 à 200 kg de ciment pour 1 m³ de sable. Cette fondation doit être déposée longitudinalement et toujours bien stabilisée par vibrations afin d'éviter des affaissements ultérieurs.
Déterminez ensuite le niveau final de la surface à daller et diminuez-le de la hauteur des briques. C'est à ce niveau que la dernière couche de sable-ciment doit être lissée au moyen d'un profilé. Prévoyez toujours une déclivité minimale de 2% pour l'écoulement de l'eau, c'est-à-dire une différence de niveau de 2 cm sur une longueur de 1 m. Ce travail minutieux est d'une très grande importance !

Tendez les fils nécessaires pour réaliser facilement l'appareil choisi.
Au moment de la pose, mélangez les briques des différentes palettes afin d'obtenir une répartition uniforme des coloris. Déchargez aussi toujours verticalement, de manière à répartir régulièrement les différences minimes de format des briques.

Pour les briques qui doivent être sciées au moment de la finition, choisissez d'abord les briques abîmées.
Les briques céramiques peuvent être placées avec un joint minimal ou avec un joint large, mais ne les laissez pas se toucher, pour éviter que les bords s'abîment.

Corrigez le placement là où c'est nécessaire et répandez une mince couche de sable sur l'ensemble. Vous pouvez utiliser du sable blanc, du sable de concassage ou du sable de rivière.
Utilisez une plaque vibrante pour aplanir le tout, mais déposez-la de préférence sur un tapis en caoutchouc, afin de ne pas endommager les briques céramiques.

Répandez de nouveau du sable sur toute la surface et brossez-le dans les joints. Avant qu'on puisse marcher ou rouler en voiture sur le pavage, il faut que les joints soient complètement comblés, de façon à ce que les briques ne puissent plus bouger. Si possible, laissez l'ensemble reposer deux semaines, pour que les fondations puissent durcir suffisamment.

Le rejointoiement

Les briques céramiques peuvent être placées avec ou sans joint.
On opte le plus souvent pour la mise en place sans joints. Le remplissage peut se faire de plusieurs manières :

  1. Remplissage de sable. Cela peut se faire au sable blanc, mais ce n'est pas recommandé, car il faut très longtemps avant que tous les joints soient comblés et le sable blanc reste assez longtemps humide, ce qui entraîne une formation rapide de mousse. Utilisez plutôt du sable de rivière ou de dunes.
  2. Remplissage de sable de concassage. Ce sable de concassage, qui met mieux en valeur la couleur des briques, est disponible en différents coloris :
    1. rouge bordeaux
    2. noir lave
    3. jaune or
    4. brun terre

    Il peut être utilisé pour combler entièrement les joints ou uniquement comme couche de finition d'environ 2 cm par-dessus un autre sable de comblement.

  3. Remplissage de fin gravier. Il s'agit de pierre de taille moulue de couleur foncée, que l'on utilise très souvent pour les rues et les places du domaine public. Ce n'est pas recommandé pour les rampes d'accès en pente raide, car il y a risque de lessivage.
  4. Rejointoiement avec un mortier très liquide, à base de sable du Rhin, de ciment et d'eau.

Voici comment procéder :

  1. Aspergez les briques pour bien les humecter.
  2. Versez le mortier liquide sur les briques.
  3. Evacuez immédiatement le mortier liquide au tuyau d'arrosage.
  4. Saupoudrez de sable et brossez-le dans les trous non comblés.
  5. Rejointoiement avec un produit à base de résine. L'avantage, c'est qu'il ne laisse pas de voile de ciment.

Si vous optez pour un appareil rectiligne, il est préférable de rejointoyer les briques céramiques.

Voici comment procéder:

  1. Mélangez bien le mortier, composé de sable, de ciment (25%) et d'eau, jusqu'à obtenir une pâte liquide.
    CONSEIL: utilisez du ciment P-30, qui durcit moins vite que le ciment P-40. Choisissez le coloris des joints en fonction de celui des briques.
  2. Versez le mortier pâteux sur les briques céramiques installées.
  3. Utilisez une brosse dure pour pousser le mortier dans les joints. Ce travail est plus facile si vous arrosez régulièrement la surface d'eau.
  4. Laissez ensuite durcir le mortier dans les joints, en continuant d'arroser les briques rejointoyées toutes les quinze minutes pour éviter que le mortier commence à se fixer aux briques.
  5. Après une demi-heure environ, le mortier aura suffisamment durci pour nettoyer de nouveau des briques céramiques à l'eau. Faites-le avec un jet doux, afin d'éviter le lessivage, et d'un mouvement fluide du bras. Eliminez aussi vite que possible l'eau excédentaire au moyen d'une brosse. Terminez toujours le travail par un arrosage d'eau sur les briques.

CONSEIL : rincez soigneusement vos chaussures de travail !

Appareillage

De très nombreux appareils différents sont possibles avec les briques céramiques. Vous opterez pour un appareil déterminé en fonction du format de la brique et du résultat visé. Chaque appareil a ses avantages et ses inconvénients, ainsi que ses possibilités et ses limites. Le vaste choix permet de se montrer très créatif !

Appareil en demi-brique

Cet appareillage est très simple et c'est donc celui qui est le plus utilisé.

Perpendiculaire

Les briques sont placées perpendiculairement aux côtés. A chaque rang, la brique est décalée de la moitié de sa longueur, de sorte que la finition demande toujours une brique entière ou une demi-brique. Comme il y a moins de sciage que pour d'autres appareils, le travail progresse plus rapidement.

Parallèle

Cet appareil est souvent appliqué aux sentiers qui peuvent être rectilignes ou sinueux. Les briques sont posées parallèlement à l'axe longitudinal du sentier.

Diagonal

Les briques sont placées sous un angle de 45°, de sorte qu'elles restent mieux en place. Cela demande toutefois plus de travail de sciage, car chaque fragment de complément doit être scié en oblique.

Appareils en tiers et en quart de brique

Ces appareils sont moins souvent utilisés. Les briques sont chaque fois décalées d'un tiers ou d'un quart de leur longueur pour la rangée suivante.

Appareil en chevron

Les briques sont placées sous un angle de 45° par rapport au bord. La finition n'est pas très facile, car il y a beaucoup de travail de sciage et la pose des extrémités est un vrai « puzzle ».

Appareil coudé

Ici, les briques sont placées à la fois perpendiculairement et parallèlement aux bords, de façon à former un « coude ». Cet appareil est très stable.

Appareil en épi ou en arête de poisson

Pour cet appareil, les briques sont placées en diagonale par rapport aux bords, de façon à former une « arête de poisson ».

Appareil en bloc

Selon les dimensions des briques, celles-ci sont placées deux à deux, trois à trois ou quatre à quatre, chaque assemblage étant perpendiculaire au précédent. C'est un pavage très décoratif pour les surfaces rectilignes et les carrés du projet.

Appareil aléatoire

Pour un résultat disparate et non structuré, on peut utiliser l'appareil aléatoire. Les briques sont alors placées à des distances aléatoires les unes des autres.

Appareil circulaire

Les briques sont placées de façon à former des cercles. Cela peut se faire de deux façons : à plat ou perpendiculairement au cercle. Dans ce dernier cas, on parle de pose sur chant. C'est une manière idéale de placer des touches en arc ou de border un cercle. Pour la pose à plat, le cercle ne peut pas être trop petit, sans quoi les briques doivent être sciées pour s'intégrer au cercle, ce qui demande énormément de travail, pour un résultat moins attrayant.

Variantes des appareils existants :

  1. en bloc un tiers

    Ici, les trois briques placées horizontalement alternent avec une brique posée verticalement. Au rang suivant, la brique verticale se retrouvera au centre des trois briques horizontales du rang supérieur.

  2. Appareil en bloc deux tiers

    C'est la même chose que pour l'appareil en bloc un tiers, mais on place ici deux briques verticalement.

    Appareil en demi-brique double

    Les briques sont posées deux à deux et décalées d'une demi-brique.

  3. Appareil coudé double

    Ici, les briques sont posées en coude par deux. Les variantes de cet appareil sont celui en épi double et celui en chevron double.

L'entretien des briques céramiques

Les briques céramiques sont faciles à entretenir. Comme on a cuit l'argile à très haute température (au-delà de 1 000 °C), elles sont très dures et presque imperméables. Il se forme donc peu de mousse et d'algues sur ces briques. Il suffit de les asperger une fois par an avec un nettoyeur à haute pression et de les rejointoyer ensuite immédiatement avec du sable. L'eau de javel diluée fait aussi disparaître sans problème toutes les traces vertes des briques. Le vinaigre est un étonnant produit-miracle : non seulement il nettoie les briques, mais il tue aussi la mousse entre les joints (qu'il suffit alors de brosser quelques jours plus tard). On peut également utiliser tous les produits de nettoyage et anti-mousse: cela ne modifie pas la couleur des briques céramiques.

Bon à savoir

Les briques céramiques produisent un autre son, quand on les cogne l'une contre l'autre, que les briques de parement. Autrefois, c'est ainsi que l'on faisait la distinction.
Ne qualifiez donc jamais un produit en béton de brique en béton ! La dénomination exacte est pavé en béton.

Nos remerciements à la firme Vande Moortel pour les informations et la visite guidée de la briqueterie : www.vandemoortel.be
et à Terca : www.wienerberger.be

Histoire et naissance :

  1. L'argile brute est extraite de bassins de rivières.
  2. L'argile est mélangée et lissée.
  3. L'argile est enfoncée sous pression dans les moules d'une presse à briques.
  4. Les formes en argile pressée sont déposées sur des plaques de séchage perforées.
  5. Ces plaques sont empilées sur de hauts chariots.
  6. Dans les chambres de séchage commandées par ordinateur, un ventilateur assure la circulation d'air nécessaire.
  7. Les briques séchées sont transportées sur une bande convoyeuse.
  8. Briques séchées, prêtes à être empilées.
  9. Certains modèles sont empilés à la main, afin de conserver le caractère authentique de la brique.
  10. Tas de briques, prêtes pour le four.
  11. Dans le four-tunnel, la température de cuisson peut monter jusqu'à 1 180 °C.
  12. Les briques polies au tonneau sont empilées à la main sur des palettes.

Rejointoiement :

Sable de concassage : rouge bordeaux
Sable de concassage : noir lave
Sable de concassage : jaune or
Sable de concassage : brun terre

Appareillage :

Appareil en demi-brique
Appareil parallèle en demi-brique
Appareil en tiers de brique
Appareil en chevron
Appareil coudé : dia schuin houdenÅ!! zie aanwijzingen op dia !
Appareil en épi : boven-onder !
Appareil en bloc
Appareil en épi double

Briques céramiques Vande Moortel :

colosseum
anthracite
safran
mauve
châtain
graphite
ébonite
acajou
brun cuivre patiné
lave
bordeaux
jaune
campus
arena
atrium
forum
vanille
jaune bronze patiné
amarante
sépia
chamois

Terca :

Nero
retro nostalgia
retro havana
retro castello

Texte : Emke Van Gassen.
Photos : Emke Van Gassen, Terca, Vande Moortel
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