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Construire une terrasse en bois sur papier et... sur chantier

Réaliser soi-même une terrasse en bois est à la portée d'un bon bricoleur, à condition de respecter quelques principes importants.

Un peu de théorie, avant de suivre pas à pas un véritable chantier.

Vous en avez rêvé. Vous l'avez pensée, dessinée, redessinée. Et cette année, ça y est, vous êtes bien décidé à l'installer, cette fameuse terrasse en bois.

Il est vrai que ce matériau naturel n'a pas son pareil pour habiller la transition entre la maison et le jardin.

Facile à poser, le bois de terrasse ? Oui, sans doute, pour autant que vous soyez plutôt bon bricoleur. Reste tout de même quelques erreurs à ne pas commettre, à faire le bon choix parmi les essences de bois, à opter pour une structure adaptée, des fixations qui le soient tout autant, etc. En clair, avant de vous lancer, quelques rappels théoriques ne sont sans doute pas inutiles.

Dans la seconde partie de ce dossier, vous pourrez suivre au jour le jour la création et la réalisation pratique d'une terrasse en bois exotique.

Mais le premier choix à faire est évidemment celui de l'essence de bois. En dehors des considérations esthétiques - nous y revenons plus loin -, ce sont avant tout les qualités des essences qui doivent guider votre décision.

Pour pouvoir être utilisé à l'extérieur, le bois doit répondre à certaines conditions : être solide, résistant à l'usure et aux attaques des champignons et moisissures. Selon sa résistance naturelle aux agents cryptogamiques, l'essence sera de classe I, II, III, IV ou V. Les bois de classe I sont réputés très durables et tenir au minimum 25 ans, voire souvent beaucoup plus longtemps, en conditions extérieures difficiles. Les bois de classe II résistent au minimum de 15 à 25 ans. Les trois autres catégories ne sont pas suffisamment durables à l'état naturel pour une utilisation en terrasse.

Dans certains cas, il est possible d'accroître la durabilité par un traitement artificiel : c'est notamment l'objectif du traitement en autoclave, sorte d'étuve dans laquelle le produit de préservation pénètre au cœur du bois. Toutefois, il est toujours préférable d'utiliser des bois de grande durabilité naturelle.

D'autres qualités du bois le destinent ou non à la terrasse : sa stabilité, le fait qu'il ne subisse pas trop de dilatations ou de rétractions d'une saison à l'autre, l'absence de déformation, etc.

Certaines essences de nos régions possèdent les qualités requises, comme le châtaignier ou le chêne, mais elles sont trop peu abondantes ou trop coûteuses. La plupart des bois exotiques proposés pour les terrasses possèdent ces qualités, à des degrés divers.

Même si le teck est la meilleure des essences pour la terrasse, sa rareté et son prix devenu exorbitant (plus de 120 euros/m2) ont achevé de dissuader les amateurs. D'autres essences plus abordables ont pris sa place, et notamment le bangkirai. En provenance des forêts humides d'Indonésie et de Malaisie principalement, cette essence a rapidement inondé notre marché au point de devenir synonyme de bois pour terrasse. Mais ce que nous appelons "bangkirai" (ou yellow balau) est en réalité une dénomination générique regroupant plus d'une dizaine d'espèces de shorea aux caractéristiques inégales : à titre d'exemple, leurs densités vont de 700 à 1 150 kg par m3. D'une durabilité de classe II (15 à 25 ans), il faut avouer que le bangkirai offre un assez bon rapport qualité/prix, tout au moins lorsqu'il s'agit d'essence de bonne provenance, de la qualité "Select and better". Mais il n'est pas exempt de défauts. Certaines espèces contiennent des gommes (sortes de résines colorées) qui, en se délavant, peuvent tacher d'autres éléments de la construction. Ce bois a aussi tendance à se fissurer lorsqu'il est exposé au soleil, à être sujet aux échardes (gare aux pieds nus !) et à présenter parfois de petits trous foncés, résultant d'une attaque d'insectes sur l'arbre encore en pied. Ces défauts n'affectent pas sa durabilité, pas plus que sa tendance à noircir lorsqu'il est régulièrement huilé ou vernis, ou sa tendance à se déformer quelque peu.

Dans une gamme de prix plus élevés, l'essence du moment est l'ipé, un bois en provenance du Brésil principalement. Très dur, très lourd ( 1 050 kg par m3) et très résistant (classe I), l'ipé est aussi appelé "ébène verte" en raison de ces qualités. Son bois est brun verdâtre à jaunâtre et son grain très fin. Il a cependant pour défaut de se rétracter assez bien en séchant, ce qui se traduit par des interstices entre planches qui peuvent s'élargir de près de 5 mm entre la saison humide et le plein été.

Mais aux dires des spécialistes du bois, il faudrait s'attendre à une pénurie de l'ipé d'ici 5 à 10 ans. Son prix a tendance à augmenter rapidement

(+ 50% en un peu plus d'un an).

D'autres essences, africaines notamment, sont prêtes à prendre la relève. Les plus courantes, ou les plus prometteuses, sont présentées dans l'encadré à gauche.

Schématiquement, une terrasse en bois répond toujours au même principe de base : un ensemble de planches fixées sur une structure de chevrons. Celle-ci peut être simple ou croisée, de manière à former une sorte de paillasse plus solide et plus solidaire. L'écart entre les chevrons, sur lesquels seront fixées les planches, dépend de la largeur et de l'épaisseur de celles-ci. Pour une section usuelle de 20 mm x 140 mm , compter un écartement de 37 cm . Par mm d'épaisseur ou par 2 cm de largeur supplémentaire, l'écartement peut augmenter de 4 à 5 cm . Il faut en outre veiller à isoler autant que possible la structure contre l'humidité du sol. Enfin, une toile drainante géotextile placée sous la terrasse évite la croissance d'herbes folles.

Voilà pour les principes, mais selon les circonstances, les choses peuvent se compliquer quelque peu.

Deux cas de figure peuvent se présenter : soit vous disposez déjà d'un support dur, comme une dalle de béton, une chape, un balcon, voire une structure de bois existante ; soit la terrasse doit être aménagée en pleine terre.

Sur support dur

La tâche est facilitée dans la mesure où vous pouvez y fixer directement les chevrons avec des vis et des chevilles, moyennant le placement de quelques petites cales d'épaisseur pour rectifier éventuellement le niveau. Ces petites cales peuvent être de bois pour combler des épaisseurs plus importantes, mais au contact du support, utilisez toujours un matériau qui bloque l'humidité montante (de petites languettes de bitume, par exemple). Si la structure doit être mise à niveau de plus de 10 cm au-dessus de la chape, vous pouvez aussi utiliser pour cela des plots ajustables en matière synthétique. Même lorsque la structure de chevrons est presque posée directement sur le support, hormis les cales de bitume, mieux vaut ne pas lésiner sur la section des chevrons : 40 x 60 mm semble un bon minimum, pour des cales ou des plots espacés d'une soixantaine de cm.

En pleine terre

Deux solutions peuvent être adoptées dans ce cas.

- Dans un terrain peu empierré, la structure de chevrons peut poser sur des pieux ou petits pilotis enfoncés d'au moins 40 à 50 cm et autour desquels on coule un petit sabot de béton maigre de 20 x 20 cm environ. Les pilotis sont placés à intervalle de 60 cm environ. Ils doivent absolument être constitués de bois de classe I (azobé, itauba...) car ils seront en contact direct avec l'humidité du sol.

- Autre solution : reposer la structure de chevrons sur des plots de béton (parpaings par exemple), mis à niveau et scellés dans un lit de sable stabilisé. Dans ce cas, il ne faut pas oublier le placement de petites cales de bitume. Cette dernière solution est celle qui a été adoptée dans le chantier que nous vous présentons en seconde partie de dossier.

Pour fixer les planches sur la structure, trois méthodes sont possibles.

Vissage apparent

C'est la solution la moins chère. Deux ou trois vis maintiennent la planche à chaque rencontre avec le chevron. Pour un travail propre, il faut veiller à préforer la planche avec une mèche du diamètre exact de la vis, et le chevron avec une mèche d'un diamètre inférieur (1 ou 1,5 mm de moins). Sans ce préforage, la tête de vis pourrait se briser au vissage en raison de la dureté du bois exotique. Aléser le trou (voir notre chantier) donne un meilleur fini. Comme les vis seront apparentes, le résultat sera plus joli si vous les alignez au cordeau et à intervalles réguliers. N'utilisez que des vis en acier inoxydable, les autres matériaux risquant de rouiller ou de s'oxyder au contact du bois, décolorant celui-ci au passage. Notez que le clouage est également possible, avec préperçage, mais peu recommandé vu la dureté des bois de terrasse (risque de plier les clous).

Clips de fixation

Il existe une petite trentaine de systèmes répertoriés mais tous fonctionnent sur le même principe, à savoir une fixation par une rainure dans la tranche de la planche. Les plus évolués de ces systèmes permettent le cas échéant de retirer 3 ou 4 planches à la fois, pour remplacer une latte abîmée ou avoir accès au dessous de la terrasse afin de récupérer un objet qui s'y serait glissé. Les clips sont plus onéreux que les vis apparentes, mais beaucoup permettent un réel gain de temps au placement et sont nettement plus discrets.

Le caillebotis de menuisier

Les planches sont fixées dans un premier temps par série de 3 ou 4 par le dessous (donc de façon invisible) sur des courtes planches de 2 cm d'épaisseur environ. Dans un second temps, ces lattes de support sont fixées sur la structure de chevrons. Plus longue à mettre en œuvre, cette solution allie cependant l'avantage d'une fixation invisible et plus solide que les clips, tout en restant partiellement démontable. Elle n'est pas toujours possible là où l'on dispose d'une faible hauteur : les 2 cm de la planche intermédiaire peuvent parfois être de trop.

En règle générale, il existe un lien direct entre la densité du bois (son poids par unité de volume) et sa durabilité. La plupart des bois exotiques dépassent les 600 kg par mètre cube, autrement dit, le seuil au-delà duquel le bois jouit d'une grande résistance naturelle aux agents cryptogamiques. Certains, comme l'ipé, dépassent même la densité de l'eau... et coulent ! Mais d'autres éléments peuvent entrer en ligne de compte pour la durabilité, notamment la présence de certaines résines ou agents de préservation naturelle.

Un traitement en autoclave (étuve sous pression) permet d'augmenter la durabilité malgré une densité de bois plus faible.

C'est le traitement que l'on applique par exemple à certains résineux.

Une autre technique, la rétification, consiste à appliquer au bois un traitement par chauffage afin de le rendre moins sensible aux insectes et champignons.

Depuis l'arrivée en masse du bangkirai, les planches pour terrasses sont très souvent proposées en version rainurée. Loin d'avoir un effet antidérapant comme on le croit généralement, ces rainures sont en réalité destinées à drainer ou aérer le contact entre la planche et son support. Elles doivent donc garnir la face cachée de la planche. Et l'effet antidérapant ?

A vrai dire, il est plutôt à l'avantage des planches lisses. Chaque rainure constitue en effet un "nid à poussière" retenant la terre, l'humidité et les micro-algues responsables de l'aspect glissant de certaines terrasses. Sur une planche lisse, en revanche, les algues ont plus de mal à se fixer.

Bref, en dehors d'un aspect esthétique un peu spécial, elles ne présentent aucune utilité réelle mais sont par contre plus sujettes aux échardes.

1. L'afrormosia

Originaire d'Afrique centrale, de classe I et II.

Aspect du bois neuf : brun rouge veiné de sombre, grain fin.

Plutôt léger (740 kg/m3). Assez instable.

Par mesure de préservation, ce bois fait l'objet d'un commerce contrôlé au niveau mondial.

2. Le bilinga

Originaire d'Afrique centrale et équatoriale, de classe I.

Aspect du bois neuf : jaune orangé à jaune doré, voire moiré, grain moyen.

Plutôt léger (760 kg/m3).

Très durable, même en milieu marin.

3. Le cumaru

Originaire d'Amérique du Sud, de classe I.

Aspect du bois neuf : brun jaune à brun rougeâtre, veiné de sombre, grain moyen.

Très lourd (1 070 kg/m3), très dur.

4. L'iroko

Originaire d'Afrique centrale, de classe I à II.

Aspect du bois neuf : brun jaune à brun foncé avec reflets dorés, parfois piquetés de petites taches blanches, grain grossier.

Assez léger (640 kg/m3).

5. L'itauba

Originaire d'Amérique du Sud (Brésil, Guyane), de classe I.

Aspect du bois neuf : brun jaune à brun foncé lustré voire huileux, grain fin.

Moyennement lourd (860 kg/m3) et très durable, même en milieu marin.

6. Le limbali

Originaire d'Afrique centrale et occidentale, de classe II.

Aspect du bois neuf : brun rouge avec nuances verdâtres ou cuivrées, grain grossier.

Moyennement lourd (810 kg/m3).

7. Le padouk

Originaire d'Afrique centrale, de classe I.

Aspect du bois neuf : rouge, grain grossier.

Plutôt léger (790 kg/m3), très stable, insensible à la déformation.

8. Le tali

Originaire d'Afrique centrale et méridionale, de classe I.

Aspect du bois neuf : brun jaune orangé à brun rougeâtre, plus clair s'il provient d'Afrique de l'Est, grain grossier.

Plutôt lourd (910 kg/m3) et extrêmement durable.

Quand on a une terrasse en bois, deux options sont possibles : la traiter régulièrement avec une huile ou un vernis spécial pour qu'elle garde son aspect d'origine ou la laisser grisonner, ce que toutes les espèces finissent par faire naturellement, même les chatoyants bois africains rougeâtres.

Si vous choisissez de traiter, commencez par laver la terrasse à l'eau au printemps. Evitez le nettoyeur à haute pression car il relève les fibres du bois, le rend pelucheux et augmente le risque d'échardes. Laissez sécher quelques jours et appliquez le vernis ou l'huile. Optez pour une huile non filmogène, sinon la terrasse risque de foncer avec les années. L'opération est à répéter annuellement, voire deux fois par an pour les zones les plus exposées au soleil.

Si vous acceptez le grisonnement naturel, vous pourrez vous contenter de traiter la terrasse annuellement à l'huile... de bras, autrement dit, nettoyez-la comme indiqué plus haut. Ecologiquement parlant, il vaut mieux éviter l'eau de javel et autres produits spécifiques, a fortiori s'il y a des pièces d'eau à proximité.

Pour le terrassement

- pelleteuse de 1,5 t

- dumper (benne d'évacuation) 3 t

- pelle

- brouette

- niveau à fioles

- niveau à bulle

- sable du Rhin

- gravier

- ciment

- un petit rouleau de bitume

- parpaings de 20 x 20 x 40 cm

- membrane géotextile

Pour la terrasse

- scie égoïne à fine denture,

- scie sauteuse,

- scie électrique à onglets

- rabot électrique

- masse/maillet de 3 kg

- visseuse-dévisseuse de 18 V

- diverses mèches à bois

- embouts de vissage et embouts d'alésage

- perceuse électropneumatique

- quelques serre-joints

- outillage général : marteau, pince, ciseaux, cutter...

Quincaillerie

- vis de 6 mm de diamètre (longueurs de 70, 110 et 150 mm )

- clips de fixation + vis adaptées (ici, système B-Fix)

Poser une structure de chevrons - voire des dalles de bois (caillebottis) - directement sur un lit de gravier nivellé est évidemment une méthode rapide pour installer une terrasse. Mais si l'on n'ancre pas la structure au sol, par exemple au moyen de pieux enfoncés profondément, cela reste une solution assez bancale ou temporaire.

Réaliser la terrasse soi-même permet d'économiser de 30 à 50% sur le prix d'une pose par un professionnel (jusqu'à 150, voire 200 € par m2 placé). Mais le bois reste un matériau coûteux. Voici à titre indicatif le prix au m2 (hors pose, HTVA) des essences abordées dans cet article.

- Afrormosia : 90 €

- Afzélia : 70 €

- Châtaignier : 35 à 40 €

- Chêne : jusqu'à 100 €

- Ipé : 42 à 50 €

- Iroko : 40 à 50 €

- Padouk : 40 à 45 €

- Pin autoclavé : 12 à 15 €

- Teck : 120 €

Il faut y ajouter le prix de la structure en chevrons en bois de classe I (2 à 4 € le mètre courant), la membrane géotextile (0,3 à 0,7 € le mètre carré), la quincaillerie (vis, clips), et d'autres fournitures éventuelles comme des pieux de soutènement, du béton, la location de matériel de terrassement (environ 300 € par jour pour une petite pelleteuse et la benne d'évacuation)...

Bon à savoir : certaines firmes proposent également une formule de terrasse en kit (plan de montage, matériel et conseils fournis par l'entreprise, installation par le particulier) qui revient à 80 - 90 €/m2 pour une terrasse en ipé 20 x 140 mm par exemple.

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