Sous
les premiers rayons printaniers, les peintures écaillées des
châssis en bois font bien triste mine. Envie de leur redonner une seconde
jeunesse ?
Dans ce cas, si vous êtes un chouia bricoleur, nul besoin de faire
appel à un professionnel, vous pouvez très bien mettre vous-même
la main à la pâte !
En effet, à condition de suivre attentivement les différentes étapes,
vos châssis retrouveront rapidement l’éclat des premiers jours.
Après un décapage en bonne et due forme, une bonne couche de peinture
ou de lasure restaureront instantanément vos boiseries altérées
par les hivers rudes et les rayons brûlants des étés caniculaires.
Le décapage
Avant d’appliquer une couche toute fraîche sur vos châssis
en bois écaillé, il faudra impérativement passer par le
décapage afin de décrasser les résidus de peinture ou
de vernis. Dans le cas des lasures, vous pourrez certainement vous passer de
décapage. En effet, la lasure n’est pas " filmogène " (entendez
par là recouverte d’une pellicule très mince) mais " farine " (c’est-à-dire
fragmentée de copeaux de bois et de sciures), et la surface se dégrade
donc avec le temps. Il suffit bien souvent simplement de la poncer légèrement
au papier de verre pour éliminer les quelques imperfections.
Décapage chimique
Pour effectuer un décapage chimique dans les règles de l’art,
il sera nécessaire d’appliquer un produit décapant adapté qui
va faire " fondre " la peinture. Pour cette opération,
vous aurez le choix entre un décapant à action rapide (entre
5 et 20 minutes de pause en fonction des conditions atmosphériques)
et un décapant à action lente (vous l’appliquez le soir
et vous pouvez repeindre vos châssis le lendemain matin). Les deux formules
fournissent un résultat final similaire.
Dans le cas du décapant à action rapide, il faudra obligatoirement
surveiller l’évolution du travail, ce qui n’est pas le cas
avec le décapant à action lente. Si vous utilisez des produits
décapants à composition chimique, vous ferez alors attention à protéger
vos yeux, muqueuses, et autres plaies éventuelles.
Décapage thermique
Le décapage thermique consiste à ramollir la peinture à l’aide
d’une source de chaleur et de la gratter par la suite. Le décapage
thermique est la méthode la plus simple pour enlever de vieilles peintures,
mais ce n’est pas la moins dangereuse. Pour éviter tout risque
de brûlure, il est utile de porter des gants et de manipuler l’outil
avec beaucoup de précautions. Cette méthode convient particulièrement
bien aux surfaces planes.
Pour commencer, promenez le décapeur thermique en mouvements rectilignes,
une dizaine de centimètres au-dessus de la peinture. Dès que
la peinture brunit et se boursoufle, déplacez le décapeur et
réchauffez la peinture sur une petite surface. Grattez ensuite la peinture
avec une spatule souple sans lui laisser le temps de refroidir. Après
cette opération, lavez la surface traitée avec, par exemple,
de la lessive Saint-Marc. Vous pouvez ensuite éventuellement poncer
la surface avec du papier abrasif fin sec ou une ponceuse vibrante. Eliminez
enfin la poussière avec un chiffon sec ou une brosse très souple
et passez une éponge très légèrement humide. Laissez
sécher le tout.
Exemples de prix :
Chez Brico, un décapeur thermique coûte de
37 à 86 €.
Très peu de magasins acceptent de louer ce type d’outil. Cette
méthode est donc plus onéreuse, à moins qu’un ami
vous prête son brûleur !
Caractéristiques générales
En plus des solvants, la peinture contient d’autres composants, dont
principalement des liants (en particulier des résines qui donnent leur
nom à la préparation). Pour les peintures acryliques, la résine
détermine la facilité de pose et la rapidité de séchage.
La peinture comprend aussi des pigments, qu’ils soient minéraux
ou organiques, qui vont déterminer l’opacité, le pouvoir
couvrant de la peinture et, bien entendu, sa teinte.
Les charges, quant à elles, se déclinent sous forme de poudre
et donnent à la peinture son aspect décoratif brillant, mat ou
satiné.
Enfin, des additifs comme les siccatifs qui accélèrent
le séchage,
ou encore des substances antimousses, bactéricides (fongicides, insecticides)
ou anti-UV peuvent être ajoutés en petites quantités.
En raison de la présence de solvants et des émanations qu’elles
entraînent, les peintures glycéro sont plus nocives que les acryliques,
ces dernières devenant par ailleurs de plus en plus performantes.
Application de la peinture
Il faut savoir que l’application de la peinture sera plus longue que
dans le cas de la lasure car, pour un résultat optimal, il sera nécessaire
de recourir à une méthode de peinture croisée. Cette formule
exige davantage de travail pour un bon résultat. Mais l’effet
dure en général plus longtemps que dans le cas de la lasure.
En effet, plus couvrante, la peinture laisse passer moins de lumière
et l’altération du bois est donc retardée par rapport à une
lasure qui, par essence transparente, absorbe davantage de rayons solaires.
Châssis extérieurs
Pour les boiseries extérieures, les peintures ³spécial
bois² microporeuses fongicides et anti-UV sont recommandées. Comptez
un rafraîchissement tous les 4 à 6 ans car le soleil et la pluie
affectent fortement la tenue des boiseries. Les vernis, quant à eux,
qu’ils soient brillants, satinés, ou mats, donnent un fini résistant à l’eau,
aux éraflures et à la chaleur. Le vernis ne pénètre
pas le bois, et peut donc s’écailler dans le temps. L’entretien
doit être effectué tous les 4 à 5 ans.
Avant de vous mettre à peindre,
commencez par protéger les
parties vitrées avec un ruban adhésif qui résiste aux
UV (sauf si vous vous sentez capable de peindre à main levée).
Remuez la peinture et laissez sécher les éventuelles éclaboussures
sur les vitres. Ne les enlevez qu’après le séchage (avec
un rasoir ou une raclette).
Poncez le bois légèrement entre deux
couches dans le sens des fibres (jamais en mouvements circulaires).
Notons aussi que les boiseries situées aux côtés sud
et ouest sont beaucoup plus exposées aux intempéries, et qu’il
faudra donc particulièrement y soigner votre peinture. Enfin, ne travaillez
jamais en plein soleil ni par temps brumeux, ou encore si le bois est couvert
de rosée.
Côté prix :
Pour une peinture extérieure, il faut environ
compter 20 € le
litre.
Châssis intérieurs
Les trois grandes familles de peintures de finition pour les boiseries intérieures
sont :
La peinture acrylique mate, satinée ou brillante : elle sèche
en trente minutes, n’a pas d’odeur, et est la plus simple à appliquer.
Pour la diluer et nettoyer les outils, l’eau suffit. Il est possible
d’appliquer une peinture glycéro sur une peinture acrylique, mais
non l’inverse.
La laque monocouche à l’eau : elle sèche
en une heure. Sans odeur, l’eau est son diluant et liquide de nettoyage.
Très
résistante, elle s’applique avec facilité. C’est
la seule peinture de type laque à être disponible en aspect mat.
Dans la pratique et en fonction de l’état du support, il arrive
que l’application d’une seconde couche, voir d’une troisième,
dite de finition, s’avère nécessaire.
La laque glycérophtalique
: très résistante, satinée
ou brillante, elle exige une certaine expérience pour l’appliquer.
La surface doit être très bien préparée pour qu’elle
exprime pleinement son aspect lisse et tendu. Elle nécessite l’emploi
de white-spirit pour la dilution et le nettoyage des outils. La peinture glycéro
laisse dans l’air
une odeur plus ou moins marquée en séchant. Il existe également
des peintures glycéro ou "laques" à l’eau,
qui apparaissent comme un bon compromis entre les deux familles principales.
Leurs résines alkydes sont alors diluées dans une phase aqueuse.
Résultat
? Elles sèchent beaucoup plus vite, en quelques heures à peine,
et ne dégagent pratiquement pas d’odeur.
Côté prix :
Une peinture intérieure vous coûtera
en moyenne 20 € le
litre.
Types de support
Le bois neuf
Le bois à peindre doit être complètement sec. N’attendez
jamais trop longtemps avant de repeindre une boiserie récente car, sans
protection, elle s’altèrera rapidement et exigera un ponçage
plus poussé.
Poncez à sec le bois non traité un utilisant
du papier émeri
grain n°100 ou 120. Notons aussi que le bois graisseux doit être
nettoyé à fond au préalable, avec du white-spirit, avant
d’être peint.
Le bois altéré par les intempéries
Plus le bois est clair, plus rapidement il s’altèrera. Poncez à fond
votre bois avec du papier émeri n°60 ou 80 (gros grain) jusqu’à ce
que sa couleur naturelle réapparaisse. Utilisez de préférence
une ponceuse. Terminez par un ponçage fin (émeri n° 150 à 180)
pour lisser le bois.
Le bois fendu
Les fissures vont permettre la pénétration de l’eau et
provoquer la détérioration locale de la couche de peinture. En
général, ces fissures sont trop fines pour pouvoir être
rebouchées, c’est pourquoi il vaut mieux remplacer les parties
de bois trop fissurées.
Le bois pourri
La pourriture se propage toujours de l’intérieur vers l’extérieur
et est causée par une combinaison d’humidité et de moisissure.
Certaines essences de bois (merbau, cèdre, afzélia) offrent une
bonne résistance contre la pourriture et peuvent être laissées
sans protection. D’autres espèces, quant à elles, nécessitent
une protection adéquate. Pour traiter le bois pourri, enlevez les parties
attaquées jusqu’au bois sain, et effectuez ensuite les réparations
avec de la pâte à bois qui, grâce à son séchage
rapide, pourra être poncée assez rapidement après son application.
S’il s’agit de grandes parties de bois pourri, mieux vaudra le
remplacer.
Le bois déjà peint
Si la peinture est encore en bon état, il suffira de poncer la couche
existante (grain n°180) et de la dépoussiérer soigneusement.
Si la peinture est devenue friable, poncez à sec autant que possible
pour éliminer la peinture altérée, avec un papier émeri
n°120 à 150 et dépoussiérez la surface. Ajoutez ensuite
un additif fixateur (tel Modifix-S) à la couche de fond pour assurer
une meilleure adhérence à la peinture.
Si la peinture s’écaille
: enlevez complètement la couche
de peinture avec un brûleur de peinture ou un décapant chimique
(voir notre chapitre " décapage ").
Si la peinture
s’écaille par endroits : il importe alors de
vérifier l’adhérence de la peinture aux endroits où elle
n’est pas encore écaillée.
Pour ce faire, effectuez 5 incisions
verticales et horizontales dans la couche de peinture en pénétrant
jusqu’au support, à l’aide
d’un petit couteau tranchant. Collez ensuite une bande adhésive
sur les incisions en appuyant bien et enlevez le ruban adhésif. Si l’adhérence
est bonne, il n’y aura pas de restes de peinture sur le ruban, si l’adhérence
est suffisante, tout au plus quelques carrés de peinture se seront détachés
et, dans le cas d’une mauvaise adhérence, plus de la moitié des
carrés auront été ôtés.
Dans ce cas, vous
enlèverez la totalité de la peinture avec
une flamme ou un décapant chimique. Si l’adhérence est
suffisante ou bonne, vous n’ôterez alors que les parties qui s’écaillent
et vous poncerez à fond le reste de la surface peinte (mais pour éviter
toute différence de niveau, il faudra enlever intégralement la
couche existante : à vous de décider !).
Caractéristiques générales
La lasure est un produit de décoration du bois qui a des caractéristiques
originales par rapport à une peinture car elle est transparente et laisse
donc apparaître les veines du bois.
Elle contient des produits de traitement
qui protègent le bois de
l’humidité et donc de la moisissure ou de la pourriture. Certaines
contiennent aussi un produit de traitement contre les insectes xylophages.
En outre, elle est microporeuse, ce qui évite le cloquage ou l’écaillage.
Concrètement, la lasure se compose de solvants, qui vont assurer une
bonne répartition des produits sur le bois et faciliter l’application
(ils s’évaporent ensuite rapidement), de résines (pour
protéger le bois contre l’eau et fixer les matières actives),
de matières actives (pour protéger contre les insectes et les
champignons), et de pigments anti-UV (pour teinter et freiner le farinage de
la lasure).
La lasure est en réalité constituée des mêmes éléments
que les peintures à l’exception de la charge, d’où leur
transparence. Mais elle peut également être pigmentée ou
satinée pour donner un aspect subtilement coloré au bois.
Elle
sert à unifier l’aspect, cacher les taches de laitance,
masquer les défauts d’application¿ Elle protège également
la surface du bois contre l’eau et le soleil.
Application d’une lasure
La lasure est très fluide, ce qui facilite son application sur les
grandes surfaces. Mais elle doit aussi être appliquée plus souvent
que la peinture.
Selon que l’on souhaite rénover ou appliquer
une lasure sur un bois neuf, la préparation devra être adaptée à la
situation. Le support devra être propre, sec et débarrassé de
toute trace de corps gras, encaustique, ou vernis. Il devra être poncé ou
décapé selon l’état du revêtement afin de
favoriser l’accrochage de la lasure.
Sur les bois durs comme le chêne
ou le châtaignier, il sera préférable
de diluer la première couche avec 10% de solvant de type white-spirit
ou d’eau afin de faciliter l’imprégnation de la lasure et
son accrochage.
La lasure s’applique généralement de façon
verticale et, sur les châssis, en 3 couches car ses côtés étant
exposés plus longtemps au soleil, la lasure farine plus rapidement.
Une bonne température
Une fois sèche, la lasure ne craint pas les écarts de température.
Par contre, pour l’appliquer dans les meilleures conditions possibles,
il faudra attendre que la température soit comprise entre 12 et 25°.
En effet, lorsqu’il fait très froid, les lasures sèchent
mal et, par grandes chaleurs, elles ont tendance à coller au pinceau.
Il est bien sûr déconseillé de travailler sur des bois
humides.
Différence de tons
La résistance de ce produit dépend aussi de la couleur choisie.
La lasure peut en effet présenter différents coloris sous sa
semi transparence. Les teintes claires sont les plus fragiles. Dans ce cas,
un rafraîchissement tous les deux ans s’avère utile, tandis
que les tonalités foncées survivent jusqu’à 7 ou
8 ans sans retouches.
Les lasures sont compatibles avec la plupart des essences
de bois à l’exception
du teck, un bois gras non conciliable avec les produits classiques pour lequel
il faudra utiliser des produits spécifiques comme l’huile.
Trois types de lasures
La lasure classique : il s’agit du type le plus courant de lasure
utilisée. Elle laisse le bois apparent. Son film est microporeux et
satiné.
Les lasures à extrait sec puissant enrobent particulièrement
bien la fibre du bois et espacent l’entretien. Plus l’extrait
sec est élevé, plus longue sera la résistance dans le
temps. Elle s’utilise sur tous les types de bois.
Selon le dosage de résines et de matières actives dont
elle est composée, elle sera adaptée à tel ou tel
type de rénovation
ou de protection à effectuer. Par exemple, une lasure riche en résine
sera dite "haute protection" et conviendra parfaitement à la
protection du bois en extérieur.
L’utilisation des sous-couches
Sur les bois durs comme le chêne ou le châtaignier, il est
préférable
d’appliquer une sous-couche spécifique avant l’application
de la lasure car elle va garantir l’adhérence, renforcer la
tenue des produits de finition et imprégner les pores du bois.
Sur
les bois contenant des anti-oxydants comme l’Iroko et d’autres
bois exotiques, il est également préférable d’utiliser
une sous-couche adaptée afin de neutraliser les anti-oxydants et de
faciliter l’accroche des produits de finition.
La lasure colorée
Il s’agit d’une lasure classique qui a été pigmentée.
Comme pour tous les produits de finition, il faut prendre en compte la couleur
d’origine qui influencera toujours la couleur de finition. Ainsi, une
lasure verte ne donnera pas la même teinte sur du chêne ou du
pin ! Il est aussi possible d’appliquer en première couche une
lasure incolore pour terminer par une lasure teintée.
Types de support
Le bois neuf
Il faudra l’égrener et le dépoussiérer pour
l’empêcher
d’avoir une teinte grisâtre. Afin de prolonger la durée
de vie de la finition, il sera préférable d’appliquer
au préalable un traitement spécial pour les bois extérieurs.
Le bois peint ou vernis
Si cela s’avère nécessaire, le vernis devra être
décapé ou poncé au préalable. Il faudra ensuite
traiter le bois comme un bois neuf.
Le bois lasuré ou défraîchi
Dans ce cas, un simple égrenage soigné suivi d’un dépoussiérage
seront normalement suffisants. Le décapage s’imposera si l’ancienne
lasure se décolle (à cause de l’humidité par exemple).
Exemple de prix :
Lasure en phase aqueuse : 29,55 € le litre
Lasure Solvant : 18,60 € le
litre.
Conclusion
Avant de rénover vos châssis en bois, n’oubliez pas
de dresser un plan méthodique de travail basé sur un état
des lieux scrupuleux : définissez d’abord le type de décapage
qui convient le mieux à l’état de vos châssis (chimique
ou thermique), déterminez le type de peinture ou de lasure souhaité,
réunissez le matériel adéquat, et attendez une météo
clémente pour vous y mettre. En effet, il est déconseillé de
repeindre en présence de températures trop basses ou trop élevées.
Le printemps est donc tout indiqué !
Quoi qu’il en soit, les maîtres
mots d’un châssis
bien peint restent la patience, la volonté, et la persévérance.
Bon courage !
Virginie Stassen
Un grand merci à M. Ch. Beeckmans et M. M. Bentin pour leurs
conseils.
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