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Un plancher en pose collée

Un plancher en pose collée

Voici pas à pas, tous les trucs et astuces d’un véritable pro pour poser un plancher en bois massif.

Poser un plancher : voilà bien le type de travail qu’un bricoleur appliqué peut réaliser sans peine, moyennant quelques conseils judicieux. Dans les pages qui suivent, un spécialiste vous détaille toutes les étapes nécessaires pour une pose collée dans les règles de l’art, de l’arrachage de la moquette au ponçage final, sans oublier la pose des plinthes.
Et comme la pose collée ne convient pas à toutes les situations, nous faisons également le tour d’autres cas concrets qui pourraient se présenter.

 

Plusieurs situations sont possibles :

- Pose directe sur gîtes (Façon belge d’appeler les lambourdes).

Il s’agissait de la façon traditionnelle de procéder. Les planches sont clouées perpendiculairement aux gîtes. Ce système, qui a perduré durant des siècles, n’est plus guère utilisé qu’en rénovation de planchers existants. Il a le désavantage d’une assez mauvaise isolation acoustique et thermique (l’air passe entre les lames du plancher) et d’exposer davantage le bois aux cycles sécheresse/humidité, autrement dit aux cycles de chauffage et non chauffage. Par ailleurs, l’orientation des gîtes détermine le sens de pose du plancher, perpendiculairement à celles-ci. Enfin, dans une telle option, il est impératif de choisir un plancher d’épaisseur suffisante (19 à 22 mm), sous peine de le voir fléchir sous le poids des ans.

- Pose sur gîte avec couche intermédiaire

Avant la pose du plancher proprement dit, on fixe une couche de panneaux, généralement d’OSB. Outre une meilleure isolation venant d’une meilleure étanchéité à l’air, ce système permet une plus grande liberté dans le sens de pose du plancher car on ne doit plus tenir compte de l’orientation des gîtes. Dans cette version, on peut aussi se permettre de choisir un plancher moins épais (14 mm). La mise à niveau de la couche d’OSB est évidemment essentielle et parfois assez fastidieuse dans le cas d’un gîtage ancien ou présentant des déclivités importantes.

- Pose sur chape

Elle offre généralement la plus grande liberté dans le choix du sens de pose et de l’épaisseur du plancher, mais nécessite souvent un temps de séchage plus ou moins long si la chape est fraîchement coulée.

- Pose sur d’autres supports durs

Du vieux carrelage, par exemple. Elle s’apparente à la précédente, mais il faut veiller à la stabilité du support (sceller les carrelages branlants) et à sa planéité. Généralement, l’application d’une égaline s’avère nécessaire.

- Sur plaques de sol

Du type Fermacell. La pose est similaire à la pose sur chape, mais il faut veiller à ce que les plaques soient à emboîtement et fixées entre elles.

 

Le système de fixation dépend tant du support que du type de plancher.

- Sur gîtage

Seul le clouage offre une solution valable. On choisira des clous de 50 mm minimum, enfoncés de préférence avec une cloueuse de finition branchée sur compresseur. Outre la facilité d’emploi, ce système offre l’avantage d’utiliser des clous plus fins et plus discrets que les traditionnels clous à tête d’homme que l’on trouve dans les magasins de bricolage. Sur gîtes, la fixation se fait généralement en apparent, autrement dit à travers les planches.

- Dans le cas de panneaux d’OSB

Ou d’un autre matériau, la préférence ira à la pose collée, la colle étant appliquée par bandeaux comme dans notre exemple illustré ci-après, ou par encollage complet de la surface avec un peigne cranté. Mais on peut aussi effectuer une pose clouée (dans ce cas, la longueur des clous égale la somme de l’épaisseur du plancher et des panneaux de soutien).
Autre variante, une pose collée avec fixation clouée. Dans ce système, les planches sont collées, mais on les maintient en place par un clouage en diagonale dans la languette, le temps que la colle prenne. Cela permet par exemple d’éviter le lestage (voir notre exemple en photos) ou de dompter des planches qui ont été mal séchées ou gondolent légèrement.
Sur les supports durs
La pose collée est la seule solution. Toutefois, il existe une version hybride où, par exemple pour rattraper une différence de niveau importante avec une autre pièce, on fixe d’abord au sol un pseudo-gîtage constitué de chevrons ou d’autres lattes en bois, fixés au sol. Dans ce cas, la fixation s’apparente à celle d’une pose sur gîtes.
Il est même possible de poser un plancher sur un vinyle ou sur un revêtement de sol souple, à condition qu’il ait été correctement collé et que l’on choisisse une colle compatible avec ce type de revêtement. Pour ces cas particuliers, mieux vaut se référer au fabricant de la colle.

 

La question du sens de pose est loin d’être anodine. Sur un gîtage, on n’a guère le choix. Mais sur d’autres supports, elle vaut le temps d’une réflexion. Comme pour un carrelage, l’orientation des lattes du plancher structure l’espace de la pièce et peut tantôt donner une impression de raccourcissement, dans le cas d’une pose transversale, ou d’un allongement, si les lattes sont posées dans le sens de la perspective du regard.

Généralement, on opte pour une pose transversale qui débute au seuil de l’entrée principale de la pièce. Mais ce n’est pas une règle absolue. On peut aussi débuter de l’endroit où se pose le regard en entrant dans la pièce, voire choisir une pose symétrique au départ d’un élément marquant, comme une cheminée par exemple.

Il faut aussi savoir que l’effet structurant sera d’autant plus fort que l’essence de bois choisie est de tonalité forte et veinée. Un zebrano, par exemple, permettra davantage de jouer sur cet aspect qu’un chêne blanchi.

Dessin de pose

Pour le dessin de pose proprement dit (on parle de calepinage), plusieurs solutions sont possibles. Les planches s’emboîtent les unes dans les autres sur les quatre chants par rainurage-languettage.
On peut décider d’aligner les petits chants afin de donner un aspect régulier au travail fini. Cela implique cependant un plus fort pourcentage de chutes que dans le cas où le dernier morceau coupé d’une rangée de lattes est utilisé tel quel pour commencer la rangée suivante (système à joints perdus).
Dans ce cas, le décalage entre deux lattes de deux rangées successives doit être d’au moins 15 cm.
Dans le cas d’un gîtage, la rencontre entre deux petits chants doit toujours se faire au niveau d’une poutre pour éviter les porte-à-faux. Bien entendu, cela rend la pose plus contraignante et entraîne parfois davantage de chutes.

 

- Le massif

La notion de massif implique que toute la planche du parquet soit constituée de l’essence de bois en question. Un plancher en chêne massif est donc constitué à 100% de chêne. Le massif est généralement vendu dans des épaisseurs allant de 14 à 20 mm, voire 22 mm et dans des largeurs de 150 à 220 mm. Il est évident que plus l’épaisseur et/ou la largeur sont importantes, plus le prix sera élevé. Malgré l’aura du bois massif, il ne constitue pas toujours la solution idéale, notamment en raison de sa sensibilité aux variations hygrométriques et au temps de séchage relativement long (jusqu’à 6 à 8 semaines sur place) avant la pose.

Le semi-massif

Dans la version “semi-massif”, une couche plus fine de bois massif (4 à 6, voire 8 mm) est collée sur un dos en contreplaqué. Par nature, il s’agit d’un matériau plus stable, donc moins sensible aux variations dimensionnelles dues à l’humidité ou à la sécheresse et qui nécessite donc un temps de séchage moins long avant la pose. Le semi-massif se vend généralement en lattes épaisses de 20 ou 22 mm.

Le lamellé-collé

Il est constitué de languettes de bois massif collées dans le sens de la longueur. Il réagit et se pose avec les mêmes précautions que le massif. Cette technique permet cependant de recycler des éléments de bois, et notamment de bois plus rares, afin d’obtenir des largeurs intéressantes. Certaines espèces ne se vendent d’ailleurs presque plus qu’en cette version ou en semi-massif (notamment le teck, le bambou, certains bois exotiques).

 

Jusqu’il y a peu, les planchers étaient posés en bois brut et recevaient ensuite leur finition définitive.

- Vitrification

Il peut s’agir d’une vitrification, procédé qui durcit et couvre davantage l’épiderme du bois. Un plancher vitrifié sera donc plus résistant aux rayures qu’un plancher huilé. A l’origine, la vitrification donnait un aspect plus brillant, ou au mieux plus satiné, que l’huile. Depuis, les fabricants ont planché sur la question et il existe des vitrificateurs ultramats qui laissent le bois pratiquement intact en apparence, mais sans laisser affleurer le dessin de ses veines, comme c’est le cas avec une huile. Les vitrificateurs peuvent être de plusieurs types : mono ou bi-composants (vitrificateur + durcisseur), à l’eau ou à base de solvant synthétique. Les bi-composants ont la réputation d’être plus résistants à l’usure, de même que les vitrificateurs synthétiques. A voir. Ce qui est sûr, c’est qu’ils dégagent une odeur plus forte et plus tenace que leurs concurrents à l’eau et là, la différence se sent !

- L’huile

A l’application, l’huile est une solution plus aisée, sauf si l’on opte pour une huile teintée, car dans ce cas, la qualité du fini dépend de la qualité du coup de main. L’huile “vieillit” plus vite que la vitrification et devra être renouvelée plus fréquemment. A notre avis, elle convient également moins aux essences plus fragiles aux impacts (résineux notamment).

 

Planchers traités en usine

La grande tendance est cependant aux planchers déjà traités en usine.  Des fumés aux vieillis en passant par toutes les nuances du blanchi, du café, du foncé, ces produits coûtent un peu plus à l’achat, mais offrent l’avantage de se passer de la corvée poussiéreuse du ponçage et d’assurer une finition de qualité professionnelle.

Bien entendu, le type de finition choisi peut influencer le choix du système de fixation. Un plancher brut destiné à être poncé et huilé ou vitrifié ultérieurement se satisfait de n’importe quel type de fixation. En revanche, si vous avez opté pour un plancher déjà traité en usine, mieux vaut adopter une pose collée ou une fixation clouée par la languette.

 

Aujourd’hui, les termes “plancher” et “parquet” sont utilisés indifféremment. Au sens strict, cependant, un plancher est une structure de bois couvrant le sol, plutôt rudimentaire et destinée à recevoir un autre revêtement (moquette), contrairement au parquet, aux vertus plus décoratives et à l’origine constitué d’éléments plus petits, jusqu’à des mini-réglettes formant des motifs dignes de la marqueterie. Cela dit, plancher ou parquet, qu’importe, l’un et l’autre se trouvent aux mêmes rubriques dans les Pages d’or. Le reste est affaire de goût.

 

• Mètre, équerre, crayon
• Marteau, cale de bois
• Petit rabot à main
• Racloir
• Scie sauteuse
• Scie à onglet électrique
• Pistolet à douille pour la colle (ici branché sur compresseur)
• Ponceuse électrique rotative

Texte : Xavier Debourse
Photos : Gregory Halliday

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