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Le jardin que nous souhaitions...
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Avoir un jardin est déjà une chance, pouvoir réaliser le jardin de ses rêves est extraordinaire. Le jardin que nous allons vous présenter dans ce reportage est la consécration du rêve de ses propriétaires. Petite histoire de ce paradis terrestre… |
Nous sommes dans la Botte du Hainaut, dans un paysage de bocages, un lieu où se marient les herbages et les massifs arborés, les fermes et les habitations isolées. Il y a treize ans, nos hôtes acquièrent une maison du XVIIIe siècle dans cette région. Coup de cœur. Que dire du jardin? Il s’agissait d’un très grand potager. Un long sentier en dalles de béton bordait d’un côté un long mur aveugle et de l’autre le potager. Une question de facilité pour les anciens propriétaires. La partie arrière du jardin était assombrie par du gravier gris, un gravier couramment utilisé jusqu’il y a quelques années. Les plantations étaient limitées: deux hêtres, un bouleau pleureur, un cerisier du Japon, un sorbier des oiseleurs mêlaient leurs ramures pour former un «doux désordre». Ces arbres n’avaient en effet jamais été taillés. Du côté des fleurs, seules quelques vivaces et des annuelles illuminaient le jardin au printemps.
Des souhaits bien précis…
Les passionnés de jardins ne se lancent jamais dans de grands travaux d’aménagement sans avoir tête une idée précise de ce qu’ils souhaitent. Nos hôtes aiment les jardins mixtes. Ecoutons à ce sujet les propriétaires des lieux: "Le type de jardins que nous préférons est en réalité un jardin mixte. Nous voulions un jardin privatif qui préserve notre intimité tout au long des saisons et un jardin vert toute l’année, d’où l’idée de plantation de buis (un choix renforcé par le fait ce le buis pousse lentement et demande peu d’entretien) et de chêne faux houx (Quercus ilex) fastigié, un chêne qui a la particularité de rester toujours vert et que l’on connaît aussi sous le curieux nom de yeuse. D’autres arbustes devait compléter le tableau des ligneux, des arbustes eux aussi à croissance lente. Pour les fleurs nous voulions impérativement des fleurs blanches, une vraie couleur pour nous, et c’est ainsi que nous avons maintenant des lavandes blanches, des gypsophiles blanches,… Pas question de se passer d’une pièce d’eau pour pouvoir profiter d’un doux clapotis propice à la méditation. Les graminées ont aussi leur place dans notre jardin, car nous aimons leur évolution au fil des saisons et le bruissement de leur feuillage dès qu’il y a un souffle de vent. Bref notre rêve était d’avoir un jardin qui serait une pièce supplémentaire de la maison, pour y vivre en été et une «pièce» belle à regarder durant la mauvaise saison. Ah oui! J’allais oublier de vous signaler que nous souhaitions aussi l’aménagement d’un coin de repos dans la deuxième partie du jardin, un coin avec un point de lumière pour éventuellement y terminer la lecture d’un bon livre tout en étant bercés par la douceur du temps." Pleins d’idées à mettre en place et c’est pour cela que nos hôtes ont fait appel à un entrepreneur de jardins de Saint-Rémy-lez-Chimay, Sébastien Brison pour ne pas le citer. Et le miracle s’est produit! Nos hôtes peuvent maintenant déambuler dans un véritable petit paradis, un paradis à portée de mains chaque jour de l’année. Quelques précisions supplémentaires à apporter? "Oui. La première partie du jardin s’inscrit plus volontiers dans une tradition de jardin Renaissance française, avec des proportions apaisantes, des parterres ordonnés, une rigueur maîtrisée des lignes droites épurées, des angles droits, symbole du Yang. La deuxième partie du jardin s’apparenterait plutôt au jardin paysager anglais avec de nombreuses courbes, moins de rigueur, un côté un peu théâtral avec un coin de repos romantique. Ici, c’est le Yin qui est présent, l’aspect féminin. La jonction des deux jardins se fait par un lieu de passage obligé, resserré en son centre. C’est là que se trouve la pièce d’eau flanquée de la grenouille couronnée au sommet d’un globe. Pour nous, même si cela peut paraître kitch, c’est une note de gaieté."
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Sus aux jardins ouverts
Nos hôtes n’hésitent pas à visiter différents jardins ouverts ou des parcs quand ils ont du temps disponible. Ils apprécient particulièrement le jardin de la Fondation Van Buuren à Uccle pour la symbolique de l’attachement des propriétaires au dieu hébreu, au travers de versets du Cantique des Cantiques parsemant le labyrinthe, mais ils sont aussi tombés sous le charme du jardin du Cœur jugé parfait et prodigieux. Les jardins du parc Paradisio (Cambron-Casteau) les ont aussi impressionnés et, en particulier, le jardin andalou et le tout nouveau jardin chinois. Dans un autre registre, le festival du jardin contemporain de Chaumont-sur-Loire n’est pas passé inaperçu avec son mariage – parfois osé – d’un patrimoine historique avec l’audace et la légèreté de compositions parfois minimalistes, poétiques mais toujours inspirées.
Et les architectes paysagistes? "Nous avons toujours été séduits par les réalisations de René Pechère et, notamment, par son chef-d’œuvre «La Dansarelle» (sud de la France), mais aussi par les jardins de Jacques Wirtz et ses fabuleux buis moutonnants."
Comme un jardin n’est jamais achevé, nos hôtes ont encore quelques idées pour le futur de leur jardin. En voici deux: l’incorporation d’une vieille pompe à eau, dont l’eau s’écoulera dans un bac en pierre bleue du Hainaut, et un espace dédié à une statue Shona en provenance du Zimbabwe.
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Texte et photographie: Marc Knaepen
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